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Avis sur Le Fléau, tome 1

Avatar Martin T
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On fait souvent l'erreur de comparer Le Fléau à La Route, autre oeuvre majeure sur le thème de la survie en milieu post-apocalyptique. Pourtant, à part ce dernier point, elles n'ont pas grand chose en commun. La Route met l'accent sur la solitude, l'isolement en milieu hostile. Dans Le Fléau, si la solitude est inhérente à l'oeuvre, elle n'en est absolument pas le point central !

Déjà, qui dit Stephen King, dit élément perturbateur fantastique. En l'occurrence, ce n'est pas la raison de l'épidémie qui décime l'humanité (une erreur technique qui libère un virus qui ferait pâlir d'envie Ebola), mais les rêves (et les cauchemars) que font le survivants. Ces songes semblent les guider vers un but commun, ainsi la notion de solitude perd de son sens : malgré la distance qui peut les séparer, les protagonistes tendent à peu près tous vers la même chose. L'isolement est donc relégué au second plan.

Au moment où j'écris ces lignes, je suis en pleine lecture du tome 2. Pourtant je peux déjà en faire une critique qui je pense, sera relativement fiable. L'oeuvre est d'une densité incroyable, dans laquelle l'auteur a eu tout loisir de mettre graduellement en place un monde post-apocalyptique.

Faisons la comparaison avec La Route, si vous y tenez vraiment. Dans l'oeuvre de Cormac McCarthy, on ne sait absolument rien du monde d'avant, ni des raisons qui ont provoqué la fin du monde connu. King, lui, accompagne le lecteur dans la réaction en chaine découlant sur la fin de l'humanité contemporaine (mention particulière pour le chapitre de la "seconde épidémie" que j'ai trouvé particulièrement bien pensé). On a donc tout le temps de se familiariser avec les personnages, en découvrant leur vie d'avant. Cela nous permet de mieux comprendre les choix qu'ils font une fois la fin arrivée, tandis qu'ils possèdent une profondeur bien supérieur, selon moi, aux personnages de La Route. Le fait que l'on suivent plusieurs groupes ajoute aussi à la profondeur du monde que l'auteur a imaginé. Bien que cela ne se passe qu'aux US, la variété des situations nous permet forcément de nous identifier à l'un ou l'autre des protagonistes.

Enfin, parlons des éléments fantastiques du Fléau. En la présence de l'Homme Noir (symbolisant le Diable ou l'un de ses potes) et mère Abigaël (qui symbolise donc l'inverse), ces éléments peuvent paraitre un peu manichéens. Et c'est le cas! Apparaissant tour à tour dans le rêves des personnages, ils forcent ces derniers à faire un choix. Ils donnent donc le ton dans un monde nouveau, et enclenchent la dynamique des péripéties qui vont suivre. Le personnage de l'Homme Noir est absolument parfait, l'enfoiré par excellence, tandis que Mère Abigaël n'inspire rien d'autre que la bonté.
Sans en dire plus, cet aspect du récit découle sur des résultats plutôt intéressants...

Sinon, c'est trash à souhait, réaliste, stressant, du grand Stephen King en somme !
A dévorer d'une traite (et vous en avez pour un moment) !

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