Sans rebondissements imprévisibles, Le Labyrinthe tient plus du scénario que du roman

Avis sur Le Labyrinthe - L'Épreuve, tome 1

Avatar Eden Downs
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En lisant ce livre, j'ai eu l'impression persistante de lire un scénario. Certes, un bon scénario mais un scénario, tout-de-même. Je ne m'étonne pas qu'il ait été adapté au grand écran, et ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il ait été écrit dans ce seul but, ou presque.
On a droit à très très peu de descriptions (ce contre quoi je n'ai rien, mais là j'ai trouvé ça poussé à l'extrême) qui sont pour la plupart bâclées et à peine compréhensibles car l'auteur refuse de rentrer dans les détails, et rends la tache de l'imagination du lecteur de donner vie à tout ça dans son esprit, plus ardue que nécessaire.
Je n'ai pas (encore) vu le film, mais il sera peut-être meilleur que le bouquin car celui-ci ne manque pas de bonnes idées et il y a quand même une (toute) petite dose de suspense qui nous donne envie de connaitre la suite, et ce même si 95% des rebondissements sont trop prévisibles.

Développement et SPOILER de ces retournements de situation qui sont tout sauf des surprises pour les lecteurs assidus de romans jeunesse (et même pour les autres, je suppose) :

En première position j'ai en tête l'arrivée de la protagoniste féminine avec qui l'héros partage (non, sans déconner?) un lien qui va évolue doucement mais surement vers une relation amoureuse archiiiiiiiiiiii mais alors archiiiiiiiiii prévisible. Plus prévisible que ça, tu meurs. Enfin bon, j’espère être (un minimum) surprise dans les prochains tomes, si je décide de m'accrocher à la série.
Bref, vous l'aurez compris j'ai comme une allergie à ce genre de choses, et y a peut-être que moi, mais je ne suis vraiment mais alors vraiment pas fan des petites amourettes servies dans 70% les romans d'aventure (quasiment un must-have du roman jeunesse où ce taux monte à 99%), pour la simple raison que ces idylles qui nous offrent au choix : un dialogue creux ; une pression de la main ; un baiser volé ; et ce tous les 8 à 15 chapitres, selon l'humeur de l'auteur, sont souvent vides de sens et superficielles. Sur ce point, le Labyrinthe ne déroge pas à la règle.

Le deuxième "rebondissement" qui m'a dérangé, mais auquel je m'attendais tellement que ce n'est pas très difficile de passer à autre chose, c'est ...

... le sacrifice du meilleur ami de Thomas qui est juste un énorme cliché du héros fort qui perd son ami le plus proche, ami toujours représenté comme un personnage non seulement plus faible que le héros (logique, si on a suivit jusque là) mais aussi terriblement plus faible que quasi tous les autres personnages, voire pathétique. Cela arrive la plupart du temps à la fin d'un premier roman/film et cela oblige le héros qui souvent - pour ne pas dire toujours - ne se voit pas comme un héros, à accepter enfin son statut de leader en se perdant dans les méandres de la douleur qui accompagne le besoin de vengeance. Du réchauffé de réchauffé, en résumé.

Et puisqu'on en parle, qu'on se le dise, Thomas c'est le cliché basique du héros naturellement doué, aux abilités physiques et mentales hors du commun, plutôt beau gosse pour pas tout gâcher et au cas où ça ne suffisait pas, il est aussi pourvu d'une chance de pendu. Il sauve toujours tout le monde, limite contre son gré. Son courage en début de roman quand il part sauver Minho et Alby tient limite de la bêtise pour un "bleu" comme ils disent. On notera que cette partie du roman est aussi un cliché ambulant, le type vient d'arriver et sauve deux autres types, et devient une sorte de demi-dieu dans leur genre de colonie de vacances improvisée.

Non vraiment, je me suis pas totalement emmerdé en lisant Le Labyrinthe mais je le sens presque déjà s'effacer de mon esprit.

Je mets 4/10 car j'ai quand même envie de connaître la suite donc c'est pas complètement un échec, ce bouquin.

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