Pas aussi fracassant que prévu.

Avis sur Le Livre sans nom

Avatar Vetii
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Au départ, le livre a l'air très séduisant. Une couverture sombre à souhait, pour un bouquin (sans nom) écrit par un Anonyme. On imagine l'auteur comme une espèce d'asocial génial, qui écrit des bouquins glauquissimes sans vouloir réveler son identité. Bref, ça donne bien envie.

J'ai entamé le livre sans lire une ligne de la quatrième de couverture, pour garder entier tout le suspense, le plaisir de la découverte. Et je pense que bien mal m'en a pris.

Dès le début du livre, j'ai ressenti un certain malaise. Allons bon, on entame le livre sur l'histoire de Sanchez, gérant peu amène du Tapioca Bar, à Santa Mondega. Un bar sale où croupissent des truands plus crasseux les uns sur les autres. Notamment un certain...Ringo. Et là, dès ce moment, on sent que deux possibilités s'offrent à nous.

1) Soit on pense que l'auteur est persuadé que tous les sud-américains s'appellent Sanchez, vont au Tapioca (pourquoi pas Chili?) et parlent à des Truands nommés Ringo. En mangeant des Merguez. Et avec des Sombreros.

2) Soit on pense que l'auteur n'a tout simplement pas vraiment d'imagination pour les noms. Ou un amour immodéré pour les films de série B.

Soudain, dans le sus-nommé Bar, débarque le Bourbon Kid. Très sincèrement, à ce moment là, j'en ai déduit que la deuxième solution citée plus haut était la bonne. Le chasseur de primes nommé Jefe et le prêtre nommé Kyle (Kyle! pitié, quoi...) ont confirmé cette tendance. Les noms des persos sont un peu pourris, mais bon, passons. Est-ce que l'histoire est bonne?

Au début, on est tentés de dire oui. Toutes ces raclures veulent récupérer une obscure pierre bleue, et on assiste à un ballet de conflits d'intérêts entre truands qui se battent pour récupérer la pierre, en massacrant par erreur des types qui n'ont rien à voir. La pierre passe de mains en mains, personne ne sait où elle est, bref, c'est un joyeux merdier, et on s'amuse bien. L'ambiance est vraiment amusante, moite, poisseuse.

Et puis soudain, ça se met à parler de Vampires. Et là, le lecteur ferme son bouquin, en le claquant violemment, et il peste. Il y en a assez des vampires, on en a marre. Le livre sans nom était le théâtre de la violence humaine, crue, dure, et là on nous sers une histoire manichéenne de créatures du mal sans queue ni tête. Et oui, faudrait pas que les hommes soient mauvais, tout ça c'est la faute des méchants démons. Non, non et non. Pourquoi toujours amener le fantastique là dedans? L'histoire était percutante, l'auteur tenait son lecteur, et là ils nous rajoute une histoire de "créatures du mal" (cette expression est employée systématiquement dans le livre, toujours la même) qui n'ajoute strictement rien à l'intrigue, et la rend tout simplement plus stéréotypée et stupide.

Dès lors, si certaines scènes sortent du lot (le cirque, le Carnaval), ainsi que certains personnages (Rodeo Rex, lutteur sympathique), plus on s'approche de la fin du livre, et moins on s'interesse à ce qui s'y passe. On se concentre principalement sur le Bourbon Kid et on se demande si quelqu'un va réussir lui clouer le bec, voire à le clouer lui, sur un mur. Dans un sens, sa capacité à trucider tout le monde alors qu'on ne lui a rien fait le rend suffisamment antipathique, ce qui est bien.

Pour ce qui est des autres personnages, ils manquent beaucoup de profondeur. Les personnages féminins, notamment, ne sont là que pour montrer leurs seins. On aimerait justement retrouver cette superpositions d'intrigues qui fait le charme du début du livre, alors que celui-ci se concentre de plus en plus sur le Bourbon Kid.

Bon, disons que si on est pas (comme moi) allergiques aux vampires et autres loups-garous (à quand un vrai développement sur les loups-garous?), l'histoire suffira à satisfaire. En somme, ce qui se passe est sympa, mais les motivations des personnages me semblent très "série B américaine".

Ça aurait pu être un livre vraiment bien. L'ambiance était véritablement là. Je pense qu'il aurait fallu simplement le travailler plus. Certains personnages manquent cruellement de profondeur (El Santino, plat à se demander ce qu'il fait là.), les trouvailles amusantes en début de bouquin se tarissent. Dommage.

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