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Défi relevé

Avis sur Le Mystère de la chambre jaune

Avatar Walex
Critique publiée par le

Par deux fois, j'ai tenté de me plonger dans ce monument sans réussir à passer les premiers chapitres. Mais j'étais jeune, et peu téméraire à l'époque. Une vingtaine d'années plus tard, j'ai à nouveau entrepris la lecture de ce roman, et cette fois-ci, avec réussite !

L'attrait vient de l'accroche : un assassinat dans une pièce (jaune) dont l'auteur a mystérieusement disparu sans issue possible. Premier contact : l'écriture est terriblement lourde, chaque détail est décrit dans la plus grande précision pour les bienfaits de l'histoire au détriment du lecteur. Personne n'est mort dans cette chambre jaune. Seul l'honneur d'une femme passablement connue est en jeu dans cette grande affaire qui, nous dit-on, bouleverse le monde entier. La police remue ciel et terre pour ce qui ne semble être qu'un fait-divers, et notre jeune héros, d'une prétention exaspérante, semble prêt à y consacrer sa vie entière.

Les choses se mettent en place très, pardon, beaucoup trop lentement. Progressivement, l'histoire s'étoffe avec de nouveaux personnages très secondaires un tantinet caricaturaux dépourvus de substance, et de nouvelles petites intrigues anecdotiques assez peu intéressantes. Notre héros ne cesse de parler par énigmes, gardant ses déductions pour lui-même, et attirant son attention sur de petits détails éloignées de notre affaire mais que l'on perçoit bien pour l'écrivain comme étant déterminants pour la résolution de l'intrigue.
Et puis on arrive au drame, avec le spoil sans gêne d'une nouvelle d'Edgard Poe, Gaston Leroux en dénigrant par le biais d'un personnage son intrigue jugée trop simpliste. "Connard".
A ce niveau de ma lecture, je n'ai que deux choix : Brûler le livre, ou me tenir à mon défi de le terminer. Or ce livre ne m'appartient pas, alors je me résigne à persévérer. Je me renseigne, aussi. D'abord sur Gaston Leroux, que j'avoue ne pas connaître, et auquel je découvre dans sa bibliographie le célèbre "Le fantôme de l'opéra". Ensuite sur l'écriture de ce livre, plus ancien que je ne le pensais (1907), ce qui explique pas mal de maladresses. Et enfin sur son héros, Joseph Rouletabille, que je découvre comme inspiration de Tintin, un autre jeune reporter aux cheveux roux. Peut-être y a-t-il quelque-chose d'un peu palpitant qui m'attend finalement, et c'est cette curiosité là qui me pousse à continuer.

Et puis soudain, alors que tout espoir semblait perdu, le miracle survient. Du mystère de la chambre jaune apparaît un second mystère, plus inexplicable encore que le premier. Rouletabille tombe de haut et trouve un peu de sympathie, tandis que le livre trouve subitement de l'intérêt. En compétition avec la police, et tandis que la logique de notre héros se trouve sévèrement malmenée, un troisième mystère vient même s'imbriquer dans le second. Je ne vais tout de même pas qualifier la fin du livre de haletante. Mais l'envie d'avoir la fin mot de l'histoire devient trop forte pour que je m'arrête là. Il y a finalement quelque-chose de bien pensé dans ce mystère de la chambre jaune, et des enjeux bien cachés.
La résolution est-elle une déception, une réussite ? Elle est sans doute en demi-teinte, à l'image de l'ensemble du livre. En voulant transcender l'enquête policière, l'auteur semble avoir naïvement oublié le lecteur dans son calcul, lui suscitant plus de curiosité que d'intérêt pour son histoire. Une maladresse que n'aurait pas commise un certain Edgard Poe.

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