Lisez ma critique, ya aucun jeu de mots sur les odeurs

Avis sur Le Parfum

Avatar Vertruc
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Bien évidemment, j'avais entendu parler du film. Bien évidemment, en évoquant le film, on m'a crié dans les oreilles et lancé de grands yeux en me suppliant de lire le livre parce que le film est nul. Alors ben ,je suis faible: j'ai lu le film. Euh, le livre.

Donc le livre.

Le livre est un peu long je trouve. Parce qu'on suit les aventures d'un personnages insipide, dans lequel on ne se reconnaît pas vraiment. Quand on lit Death Note, on kiffe s'imaginer en Light Yagami le dictateur fou, parce qu'on le comprends, parce qu'il nous parle, il nous ressemble. Notre protagoniste ici est très effacé: on n'a de lui qu'un petit point de vue extérieur. Le monde autour de lui, les gens autour de lui et le narrateur le voient comme fou, alors j'ai galéré à me mettre à sa place. L'auteur galère à nous mettre dans sa tête d'ailleurs, il essaie un truc assez bien avec le passage de la grotte, où Grenouille se retrouve enfin seul, et nous enfin seuls avec lui. Mais une fois ce moment passé, on ne se sent plus vraiment, on l'accompagne juste, on marche à côté de lui ou dans son sillage.

Et c'est pas très grave !
Parce que le récit foisonne de tout un paquet d'autres personnages milles fois plus intéressants que cet invisible gamin, ce gamin sans odeur et sans but. L'image du baron scientifique et de son gaz terrestre, ou celle de ce vieil arnaqueur aussi indigeste que ses parfums, ou cette patronne embourgeoisante et son apprenti qui pue le sperme.
Un personnage principal invisible comme Grenouille laisse en réalité sa place au monde construit autour de lui et aux personnages qui l'habitent. C'est d'ailleurs souvent comme cela que les chapitres sont construits: Grenouille disparaît le temps de quelques pages, nous laissant tout le loisir de découvrir de nouvelles gens, de nouveaux lieux, pour ressurgir, coassant de nouveaux ses requêtes parfumées, rebondissant d'histoire en histoire et traversant la vie de ces petits Français du 18e siècle.
Et c'est bien ça qui m'a plu le plus dans toute cette histoire: tous ces personnages hauts en couleur, hauts en odeur, décris avec moults adjectifs et moults descriptions descriptives.

Là où le bât blesse je trouve, c'est sur la fin. Une fois sortis de Paris en fait.
Je me disais "Oh mon dieu, moi qui pensait le cycle Grenouille bien fini, voilà l'histoire qui reprends son envol !" mais l'élaboration de ses grandes idées, et sa réalisation sont emprunts d'une sorte de fatalisme narratif qui me laissent un peu triste. Fallait-il forcément s'intéresser à Grenouille ? Personne ne l'aime, le lecteur ne l'aime pas, en tous cas moi je l'aime pas, pourquoi ne pas avoir tout juste vu ce dernier pan de sa vie au travers des yeux du riche marchand et pourquoi pas d'un autre habitant ? Pourquoi rester dans la tête et se pencher sur les idées si fixes de Grenouille, si celles-ci ne changeront jamais, que nous les connaissons déjà, et que milles autres yeux auraient raconté Grenouille et son génie maléfique de 500 autres façons bien plus intéressantes ? Le gamin au nez fin avait déjà eu son chapitre, dans la grotte, pourquoi le suivre encore ?

En résumé, j'ai aimé l'ambiance, le personnages, les descriptions dithyrambiques qui nous comblent jusqu'à plus soif, mais j'ai trouvé l'ensemble gâché par la volonté qu'avait visiblement l'auteur de nous mettre un peu plus dans la peau de Grenouille. J'aurais voulu autant de passion dans l'étude de ses pensées qu'il n'y en a eu dans la description des odeurs.
Tout de même chouette comme bouquin ! une lecture qui frappe et qu'on retient.

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