Un livre qui se lit avec le nez !

Avis sur Le Parfum

Avatar MamSucre
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La première chose qui m'a étonné avec cet ouvrage, c'est la longueur des phrases et les tournures. Comme si l'auteur parlait à son lecteur directement et non pas comme s'il racontait une histoire dont il se détachait. Et la lectrice que je suis a été un peu perturbée par ces phrases qui n'en finissaient parfois plus, à tel point qu'il m'est arrivé de revenir en arrière pour me rappeler qui était le sujet de cette tirade interminable. Mais ce style, on s'y fait au bout de quelques pages.
Et non seulement on est submergé par les mots, mais aussi par les odeurs, car Süskind renouvelle sans cesse les noms pour décrire ce qui passe par les narines. Et c'est tellement bien fourni qu'on comprend facilement l'environnement dans lequel on évolue, parfois au point d'en perdre la tête. Passionnant ! Les descriptions sont le gros point de cet ouvrage. Car à part les descriptions qui passent par les narines, il y a celles qui concernent tout le reste, et il m'est arrivé, même rarement de me dire que là, ça commençait à faire beaucoup. Et pourtant je n'ai jamais été saoulé au point d'abandonner ce "Parfum".

Malgré tous ces détails, j'avoue que j'ai eu un peu de mal à cerner ce Jean-Baptiste Grenouille. Je n'ai pas réussi à le trouver détestable. Juste un pauvre gars qui a eut une enfance torturée, qui n'a pas d'éducation et qui ne vit que par le ressenti et le senti. D'ailleurs, avant que les choses dramatiques n'arrivent, il faut du temps.
Ne vous imaginez pas que les meurtres foisonnent.
"Le Parfum" est faussement présenté comme le livre racontant les meurtres d'un individu paumé et ne suivant que son flair. Si Grenouille marche effectivement au nez, il est loin d'égorger, de planter, de frapper le premier ou la première venue. Si un évènement "malencontreux" arrive dans la première partie du bouquin, la suite n'arrive que beaucoup plus tard.
"Le Parfum" raconte surtout comment Grenouille apprend à gérer les éléments (fleur, plantes, etc) et comment il arrive à amadouer les gens pour apprendre les techniques nécessaires afin d'obtenir les parfums de ces rêves. Le reste arrive après, si je puis dire.

Le livre est assez régulier dans la narration, mais je regretterais un début de seconde partie bien chiant (comme si Süskind ne savait pas où il allait) et une fin de troisième partie, ainsi qu'une quatrième partie, complètement WTF et même bâclée. Pourquoi l'auteur qui nous sortait des tirades de détails à n'en plus finir, nous sert une ending aussi facile et sans intérêt ? Clairement, Grenouille a fait ce qu'il avait à faire, mais alors quoi ? Il préfère ça à la suprématie ? C'est un peu ce qu'on explique dans le roman. Il ne cherche pas la reconnaissance mais juste à arriver à ses fins, mais la sienne est quand même extrême. Si je vois grosso modo ce qu'a voulu exprimer l'auteur, je trouve qu'il l'a mal fait.

Quoiqu'il en soit, "Le Parfum" est un ouvrage qui marque par ses phrases, sa narration et son personnage pas du tout charismatique mais tellement peu palpable qu'on veut savoir ce qui lui passe par la tête.
A lire.

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