Loupé

Avis sur Le Pays des autres

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Quelles étaient ? Quelles sont les intentions de Leïla Slimani en ayant décidé d’écrire Le Pays des Autres, son dernier roman ?

Je pense que l’auteur aux travers d’entretiens révèleraint qu’elle était et est très sensible d’écrire et d’avoir écrit une œuvre afin de comprendre qui elle est ? Si ses origines familiales, si l’histoire de cette famille (celle de ses grands-parents) fait d’elle en partie qui elle est aujourd’hui, cette personne et pas une autre.
Je pense aussi qu’en ayant décidé d’explorer ces personnages spécifiquement, ce pays, le Maroc, cela lui permet de davantage connaître les spécificités de la la vie Marocaine de cette époque, des modes de vies de certains individus... En soit Leïla Slimani nous instruit et par la même occasion a dû s’instruire elle même.
Le problème est que bien que l’auteur narre avec aisance les destinées de ces personnages écorchés, ce qui permet de créer une écriture dramaturgique pleine de rebondissements, elle n’arrive pas à leur donner d’épaisseurs au final intéressantes car je pense que l’auteur a dès le départ mal choisi son sujet et ses interprêtes.
Leïla Slimani a je pense, était aveuglé dans le choix de son sujet par le lien qu’elle entretient avec celui-çi, les personnages d’Amine et de Mathilde sont ses grands-parents. Les personnages du roman ne sont pas suffisamment les bonnes clefs afin de faire entrer la petite histoire (une histoire familiale) dans la grande histoire (raconter une partie de l’histoire du Maroc) et ne réussit malheureusement pas à apporter une nouvelle voix aux romans de sagas familiales. Pire encore, l’auteure en ayant fait le choix de l’humilité dans sa manière de raconter son histoire, a affadie et lissé son style d’écriture.
Au final, Leïla Slimani loupe à comprendre que le questionnement sur son identité (la citation d’Edouard Blissant d’introduction sur le métissage, cette métaphore et idée dans le roman de greffe d’oranger et de citronnier) n’a pas de sens avec sa propre histoire malgré un questionnement certainement profond. L’auteur ne réalise pas son questionnement sur son identité ne provient pas forcément de l’étude de son histoire familiale mais qu’une grande part de son identité provient d’éléments beaucoup moins lointains (son propre vécu).

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