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Avis sur Le Tour du monde en 80 jours

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C'est exactement la même sauce que dans Voyage au centre de la Terre : Un mec cultivé, riche, avec sa petite réputation, se lance dans un projet foufou. Fogg est flegmatique, peu bavard (quasi muet même), gentleman jusqu'à l'héroïsme, hermétique (voir autiste) et bon.
Il est accompagné de son domestique, un français, Passepartout. Lui est un peu bébête, gaffeur, plein de mouvements, de bavardages, d'action avant la réflexion (mais plutôt futé quand même), à foncer avec son maître par loyauté, mais doutant sérieusement et plein de fois 1. de l'intérêt de ce voyage. 2. de sa réussite.
Ils sont suivis (et finalement accompagnés) par Fix, un policier qui joue double-jeu espérant arrêté Fogg à un moment ou à un autre, persuadé qu'il est un voleur de haut vol enfuit récemment de Londres. Pareil : le méchant ne met pas vraiment de bâtons dans les roues des aventuriers, il les suit, attendant ze bon moment, et finit par voir ses convictions ébranlées face à la Justice, la Loyauté, la Classe Internationale de son prétendu voleur.
Et enfin, évidemment, y'a de la poulette.
Une femme sauvée par Fogg et Passepartout d'une mort certaine, qui leur sera plus que reconnaissante, et verra son affection s'amplifier au fur et à mesure des kilomètres pour ce gentleman londonien muet.

Donc les aventures s'enchaînent et ne se ressemblent pas. Les chapitres sont courts, étape par étape, l'équipée fait son chemin (Fogg doit gagner un pari, c'est pour ça qu'il doit faire ce voyage en 80 jours). Tout s'imbrique parfaitement, et la malchance d'un côté est toujours compensé par de la chance de l'autre.
Pas de blablaterie superficielle autour des sentiments, des engagements, du dépassement de soi, de l'angoisse ou de l'excitation : Jules Verne le dit une fois mais pas deux, en un mot et pas trois mille phrases. C'est assez agréable de ne pas s'encombrer de descriptions, de psychologie ou de réflexion.
En même temps, c'est aussi un peu frustrant.
Donc, pas de palpitation, juste un bon gros divertissement d'après-midi à rêver de dos d'éléphants, de locomotives à vapeur, d'indiens féroces, de jeux de cartes, de villes exotiques, et de perte de repères.

Stun peu Indiana Jones et Pékin Express réunis.

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