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Le souci du détail

Avis sur Le chevalier rouge - Renégat, tome 1

Avatar Igguk
Critique publiée par le

A force de promos numériques, de grosses et petites OP, je me retrouve avec une PAL squattée à moitié par les éditions Bragelonne. J’me suis dit que j’allais profiter du répit des vacances pour tomber un peu ces trilogies et intégrales qui peuplent ma liseuse. Après un trip très fun en compagnie des Pirates de l’Escroc-griffe, j’ai bifurqué vers la dark fantasy de Miles Cameron avec le premier tome de Renégat : Le chevalier rouge.

Premier constat, le truc est massif, 840 pages en grand format (qui coute 34 euros, tousse), 1150 en poche, et en numérique tu le captes pas trop avant de te dire « la vache, il avance pas vite le petit curseur ». Ce gros bidule nous raconte l’histoire d’un conflit entre le royaume d’Alba et les terres sauvages du nord, séparés par un grand mur plus très hermétique. On suit la troupe de mercenaires du Chevalier Rouge, qui est recrutée par l’abbesse du couvent de Lissen Carak pour traquer une bête qui a fait quelques victimes parmi ses gens. Le chevalier va vite se rendre compte que la bestiole n’est pas seule, et que c’est toute une armée de créatures qui pointent le bout de leurs canines en Alba. Alerte générale, il va falloir tenir un siège, et résister.

On ne sera pas surpris d’apprendre que Miles Cameron est diplômé d’histoire médiévale et passionné de reconstitution historique, tant son livre détaille tous ces aspects. On est dans un univers de fantasy fictif mais très inspiré de l’Europe médiévale, il a tout du roman historique : Les chevaliers, la religion chrétienne très présente, la structure sociale, les rois, les écuyers, les paysans, etc… Il pousse le vice dans des descriptions détaillées de tout et n’importe quoi, les armures, les vêtements, les armes, les lieux, vous saurez tout dans les moindres détails. Par-dessus l’aspect « reconstitution historique maladive », on a quand même une bonne couche de fantasy avec des créatures féroces et un système de magie complexe à base de palais mémoriel et de différentes sources de pouvoir.

Le roman adopte une narration à multiples points de vues, le principal étant évidemment celui du Chevalier Rouge, mais il est loin d’être le seul. C’est là que le soucis du détail de l’auteur pourra poser problème, et il m’en a posé, au début du moins. On a énormément de points de vues différents, de nouveaux personnages sont présentés en permanence pour être sûr de mettre en place tous les détails du conflit en cours, mais on se demande souvent si telle ou telle nouvelle perspective était nécessaire. Dans toute sa première moitié, le bouquin passe son temps à s’éparpiller dans plein de sous-intrigues moins intéressantes qui mettront trois plombes à avoir enfin un intérêt par rapport au reste. On va suivre un marchand qui trimballe sa caravane dans le nord, un esclave qui se perd dans la forêt, un forgeron qui… forge… etc… Le « pay-off » de ces innombrables points de vue parait tellement éloigné qu’au moment où on les croise, ça peut être frustrant et ça l’était pour moi, je me disais « mais je m’en cogne de lui, ramène-moi au couvent !! ».

Parce que le cœur de tension du livre, le couvent fortifié qui sert de centre à l’action, il est passionnant ! Le chevalier rouge est un personnage jeune qui se retrouve à la tête d’une troupe de mercenaires violents qu’il devra tenir et coordonner, mais ça sera pas toujours facile. Ses hommes et femmes sont parfois de sacrés vauriens qu’on place au milieu d’un couvent plein de bonnes sœurs et d’humbles fermiers, créant de belles tensions. La relation entre notre capitaine et son entourage est extrêmement cool (Tom la terreur est tellement classe), on nous réserve quelques surprises et tous les personnages importants ont une vraie dynamique à l’intérieur de la place forte. Les séquences d’action sont prenantes, alliées au soucis du détail et du réalisme de Miles Cameron, ça nous donne des combats tendus qui laissent souvent quelques bonhommes sur le carreau. On suit des affrontements réalistes avec des chevaliers qui portent 30 kilos d’acier sur le dos et ont la mobilité d’une citerne sur roulettes. T’en arrives à des moments où le type fonce dans le tas en y voyant que dalle et en priant que son armure arrête tous les coups qu’il voit pas venir, ça change du kung-fu avec des épées qu’on voit souvent.

Malgré ses détours et ses coups de mou, j’adorais retrouver cette compagnie de mercenaires toute « Glen Cook-ienne ». J’aurai bien taillé quelques centaines de pages au roman pour le rendre plus rythmé, mais il arrive quand même à se recentrer dans sa seconde moitié pour finir en apothéose. On a droit à de grandes batailles épiques, des moments d’émotions et de bravoures, de beaux retournements de situations même si, il faut l’avouer, le scénario reste minimaliste pour un bouquin de cette taille. Mais comme tout le monde le sait, on peux faire des chef d’œuvres avec des histoires relativement simples donc on va pas s’offusquer plus que ça. Par contre on a parfois l’impression que le grand méchant est un peu nul et arrête pas de faire n’importe quoi, c’est assez curieux…

J’ai lu chez quelques collègues blogueurs que la série est une relecture du mythe Arthurien mais franchement ça m’est complètement passé au-dessus. Je suis loin d’être un expert, mais il a fallu qu’on me le dise après coup pour que je repense à certains détails en me disant « aaah oui, peut-être, tiens… ». Mais ça saute pas à la gueule du novice, quoi. Il reste que Le chevalier rouge est un récit fantasy intéressant avec des personnages vraiment cools et de vrais beaux moments d’action et de tension. Si le tome 2 traine un peu moins ça pourrait devenir une vraie série de référence, du coup je suis curieux de voir où ça va nous mener.

Il faut également noter que Bragelonne n’a pour le moment traduit que 3 tomes sur les 5 disponibles en anglais, et a même proposé une « intégrale » numérique qui n’est donc pas très intégrale. On verra s’ils sortent les 4 et 5 un jour.

http://ours-inculte.fr/le-chevalier-rouge/

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