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Le club des punks contre l'apocalypse zombie par CathyB

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Quand Deuspi et Fonsdé, les deux punks destroy, émergent de leur défonce nocturne habituelle, ils remarquent vite que quelque chose cloche. Dehors, l’apocalypse a eu lieu. Des hordes de zombies ont envahi les rues et se jettent sur tout être humain qui n’a pas l’air encore partiellement mort. Heureusement, le collectif keupon du 25 a de quoi résister : solidement protégé de l’extérieur, avec des stocks de nourriture et un jardin, ils peuvent attendre tranquillement que les choses se tassent. Sauf que ce n’est pas vraiment le genre de la maison. L’apocalypse, c’est aussi l’occasion de marquer le triomphe de l’anarchie pour Kropotkine, le punk militant. Il embarque donc tous ses copains dans une virée visant à dresser le drapeau noir sur la tour Eiffel. Et bien sûr, ça ne va pas bien se passer. D’autant plus que les punks vont découvrir qu’ils ne sont pas les seuls survivants : dans l’immeuble du MEDEF aussi, on commence à s’organiser.

Le club des punks contre l’apocalypse zombie est le deuxième roman de Karim Berrouka, auteur de Fées, weed et guillotines (prix Elbakin.net 2014) et chanteur de l’ancien groupe punk Ludwig von 88.
Et comme l’indiquent le titre et le résumé, c’est un grand concentré de n’importe quoi, une ode à la musique punk et à la défonce sous toutes ses formes. Les personnages sont hypers attachants, et chacun nous présente une forme particulière de la galaxie punk (le destroy, le militant, le punk à chien, l’anarchiste). J’ai du mal avec l’écriture au début (surtout sur les scènes descriptives, un peu sèches à mon goût), mais j’ai vite passé outre, emporté par l’humour distillé à chaque phrase par l’auteur. C’est bourré de jeux de mots, de vannes à deux balles, de références à toutes les formes de culture (et de sous culture). Bref, on rit beaucoup, et l’auteur ne ménage pas ses trouvailles pour rendre le scénario le plus farfelu possible. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il y a un petit fonds politique également derrière tout ça. Karim Berrouka profite de son roman pour nous faire part de son utopie politique personnelle, non sans une grosse pointe de pessimisme.
Bref, un roman qui permet de passer un excellent moment, une lecture jouissive, qui laisse également la place à pas mal de réflexion après coup. Une belle réussite.

Et si vous n'êtes pas convaincus, lisez le au moins pour le mash up "L'internationale" versus "It's a small world", aussi improbable qu'efficace.

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