Le grand jeu (et l'encore plus grande perte de temps passé à le lire)

Avis sur Le grand jeu

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Grosse déception à la lecture de cet étrange objet.

Tous les pitchs que vous pourrez lire sont justes: une femme achète un territoire sauvage et hostile pour s'y construire un refuge high tech dans lequel elle décide de s'isoler pour y vivre en autarcie. Elle consigne dans son journal de bord son quotidien et ses questions. Jusqu'au jour où elle découvre qu'une autre personne habite également sur son territoire...

Mais attention, cette dernière phrase avec ces 3 points de suspension est trompeuse! Elle laisse imaginer un supsens lié à l’interaction entre les 2 humains isolés alors que cette rencontre, partie la plus intéressante du livre, a quand même beaucoup de mal à rythmer le récit. En effet, ce qu'on n'écrit pas dans les résumés et critiques que j'ai pu lire c'est que ce roman est ENNUYEUX A PLEURER !

Il y a des descriptions cliniques des faits et gestes de cette brave dame (passablement folle). Elle aime beaucoup l'escalade et elle en parle à longueur de pages avec des termes très techniques. Elle aime aussi planter des légumes et pécher des truites.

Quand elle ne consigne pas ces passionnantes activités dans son journal de bord, l'héroïne (de plus en plus flippante) se pose des questions compliquées. Son palpitant récit d'escalade (sur quelle montagne va t elle grimper?) et maraîchage (quel légume va t elle planter?) est ainsi entrecoupé de paragraphes listant des interrogations dignes du bac philo: qu'est ce que vivre ? qu'est ce qu'une promesse ? qu'est ce qu'une menace ? qu'est ce que la panique ? le danger ? Puis quelques pages plus loin, on combine les concepts pour se demander si "vivre en autarcie, c'est refuser la menace que représente les autres, est-ce céder à la panique, ou est-ce nier toute promesse ?".

Autant elle est douée pour poser des questions philosophiques grosses comme les montagnes qu'elle escalade, autant pour y répondre, il n'y a plus personne. Peut-être que Céline Minard s'attend à ce que l'on bricole une réponse à partir de la description fastidieuse et répétitive du quotidien de cette brave aventurière. Pour être heureux, il ne suffit pas de cultiver son jardin (#dejavu) il faut aussi [suspens] (voir le spoiler du dernier paragraphe)

Quant à la rencontre avec l'autre humain qui partage son territoire, ne vous faites pas avoir par le quatrième de couverture. Ce n'est pas trépidant. C'est de loin la chose la plus intéressante du livre, mais elle ne justifie pas 18 euros et 2 heures de votre temps.

On concèdera sans mal toutefois que Céline Minard écrit bien et qu'elle a du vocabulaire. J'ai relevé quelques jolies descriptions sensuelles de la nature, notamment sur l'odeur de la pluie en été.

SPOILER = L'intérêt de l'autre humain semble être qu'il va faire découvrir l'équilibrisme à l'héroïne. Le gloubiboulga philosophique réussit alors à rejoindre la description de l'ascèse de la narratrice et le titre du livre, quand l'héroïne (qui est officiellement ravagée) nous explique en dernière page que le Grand Jeu, pour être heureux, c'est de faire du funambulisme (#véridique) parce que quand on est seul sur un fil au dessus du vide on vit en même temps une promesse et une menace tout en restant seul (#wtf). J'ose espérer qu'il s'agit d'une métaphore que je n'ai pas comprise...

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  • Livres
    Couverture Mother

    Livres lus en 2016

    Avec : Mother, Je suis toujours favela, Le Neveu de Rameau, Confidence pour confidence,

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