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Le port intérieur par HammerKlavier

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Premier livre de Volodine que je lis mais deuxième livre "post-exotique" que je découvre (Lu Danse avec Nathan Golshem de Lutz Bassman). J'avais plutot bien accroché au livre de Bassman (pour son ambiance, ses images, et son champ lexical du détritus...) et donc j'ai décidé de poursuivre avec ce "port intérieur". Entamé une première fois il y a quelques mois, il m'était tombé des mains. Pas vraiment a cause du livre en tant que tel mais plutôt à cause de mes recherches sur l'auteur en parallèle et tout son discours sur ce "post-exotisme", sorte de théorie (à priori ou à posteriori on ne sais pas trop) qui semble rendre compte de la création littéraire de Volodine d'une part avec, j'ai l'impression, une volonté de la légitimé d'une autre part. Bref cela me paraissait assez artificiel voir un peu "Je m'écoute parler, je me regarde écrire"...

J'ai recommencé la lecture et le fait est que j'aime bien cet univers. De forte image, une ambiance crasse, humide, des personnages paumés la dedans, l'esprit perdu, le corps souillé par un monde devenu poubelle, violence, toxique. Acculé par cette misère totale, les personnages trouvent une issue à la vie dans la fiction en s'inventant leur vie et la raison de leur vie par sur-impression du monde-détritu existant. C'est donc désespéré et sans grande issue mais il y a un vrai plaisir a lire la façon dont ses personnages trouvent sinon une forme de bonheur, au moins un espoir et un but noble à leur vie, une dignité même alors que la boue n'attend que de les couvrir. Un plaisir vient aussi de cet "exostisme", la découverte de ce monde sans précision d'époque, sans précision non plus sur des évènements catastrophiques qui aurait fait basculé l'humanité dans ce taudis, on parle de guerre noire, de chrisalyde, bref c'est a peine évoqué par ce charabiat poétique. Le décor de ce roman est le fantasme d'un macau sordide, tressé de fait véritable, et ce mélange fantastique invite à la curiosité et à l'imaginiation. Des images fortes, onirique, et une recherche dans les noms propres nous propulsent dans ce monde imaginaire, réécriture du notre ou une minorité de puissant aurait écrasé la majorité de l'humanité sous sa botte, minorité qui semble avoir deserté la planète ou tout du moins s'être reclu loin des bidonvilles, des guerres, de la famine et des maladies.

Dans cette terre-détritus où les microbes de toute espèce pullule, l'humanité pouilleuse et anéantie semble trouver (plutôt que chercher car il n'en ont pas vraiment le choix) le chemin d'une existence plus radieuse que la simple survie.

A suivre donc.

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