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Les Bienveillantes par rhumbs

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Maximilien Aue, ancien SS, nous relate sa vie lors de la 2nde guerre mondiale. Il était alors un jeune homme cultivé, homosexuel et amoureux maladif de sa sœur jumelle. Il se lie d'amitié avec Thomas, un jeune SS ambitieux qui ne cessera de l'épauler dans leur progression hiérarchique commune et de le sortir de situations difficiles.

Aue met le pied dans une machine politique complexe dont l'aspect bureaucratique est poussé à l’extrême et qui entretient des frontières de plus en plus floues avec le système militaire de la wermacht aux grades compliqués et mouvants : une des grandes préoccupations de Aue et de ses collègues est de déterminer de qui ils doivent prendre les ordres et qui sont les personnes sous leur autorité.

Ainsi, au centre d'une chaîne de commandements étriquée, il va graduellement d'enfoncer dans les horreurs du nazisme. Tout d'abord en encadrant la "pacification" des villes envahies par la whermacht, c'est à dire en les débarrassant des sujets rebelles comme les bolcheviques et les juifs. L'élimination des juifs est considérée comme une corvée abominable mais nécessaire ; pour les supérieurs de Aue, elle se justifie non pas par un racisme antisémite de base mais par la nécessité d'éradiquer le danger potentiel de soulèvement de ce type de population.

Aue va se retrouver ensuite dans l'enfer du front de l'Est, à Stalingrad où il connaîtra le froid, les poux, la malnutrition. Il en réchappera miraculeusement, évacué après avoir reçu une balle en pleine tête. Cette blessure exacerbera cependant sa fragilité psychologique latente. À partir de ce moment il subira de nombreuses crises de folie et d'hallucinations. Il revient en France assassiner sa mère et son beau-père, même s'il semble oublier cet épisode. Il sera jusqu'à la fin du roman harcelé par deux policiers, réels ou fantasmés, convaincus de sa culpabilité dans le double assassinat

À Berlin, sous les bombes, il reçoit la croix de fer et fréquente l'élite nazie. Il est chargé d'étudier le fonctionnement des camps de concentration et se retrouve au milieu des intérêts divergents de Speer, qui recherche de la main d'oeuvre pour les usines allemandes, et de Eichman apôtre de la solution finale. Il assiste à la déliquescence de l'administration allemande.
À moitié fou, il fuira l'avancée Russe grâce encore une fois à Thomas qu'il finira par tuer lui aussi.

Le roman est long (1400 pages en version poche) et lourd. Il a le mérite de présenter une vision depuis l'axe du "mal". Sa thèse selon laquelle le quidam moyen placé dans certaines conditions peut agir comme un monstre me semble assez vraie.

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