Chef-d'oeuvre [spoil à la fin]

Avis sur Les Chants de Maldoror

Avatar Enis Atallah
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Ok, j'ai enfin réussir à le finir. Un an après l'avoir ouvert pour la première fois, j'ai tourné la dernière page. Et putain, j'ai du mal à réaliser.
Il y a quelques semaines, j'ai publié un classement de mes oeuvres littéraires préférées, dans lequel je mettais les Chants de Maldoror à la première place, alors que j'en étais à la fin du 5ème chant. Et maintenant, je le mettrais volontiers au-dessus.
Les Chants de Maldoror, c'est une sorte de suprématie. Quelque chose qu'on ne peut pas atteindre, une perfection avec laquelle personne d'autre que l'auteur ne peut prétendre pouvoir rivaliser.
Les Chants de Maldoror, c'est le mélange le plus subtil entre le style et l'imagination ; c'est un univers parallèle, une sorte de nouvelle dimension où la poésie culmine dans son absolu de beauté, où chaque phrase est d'une audace telle que l'on n'ose pas continuer (et c'est d'ailleurs pourquoi j'ai mis autant de temps à le lire).
Les Chants de Maldoror, aussi, c'est la sublimation de l'horreur, du malsain, du pervers, c'est une oeuvre qui ne se dresse aucune limite, et qui en crée de nouvelles.
Les Chants de Maldoror, enfin, c'est une musique dont les harmonies nous sont inconnues mais qui fascinent ; ce sont des constructions rythmiques, une fluidité déconcertantes qui nous poussent à continuer (contradiction avec l'avant-dernier paragraphe mais pourtant vrai) et nous accrochent l'oeil (bien sûr, je dis nous mais c'est ce que j'ai ressenti à titre personnel).
Les Chants de Maldoror, c'est la plus grande oeuvre littéraire du XIXè siècle, loin devant Rimbaud, loin devant Baudelaire, loin devant Flaubert - n'en déplaise à Fabrice Luchini.
Et pour comprendre mes propos, pour saisir l'intensité de la plume de Lautréamont, et surtout pour vous donner envie de découvrir ce chef-d'oeuvre, je vous laisse ici quelques phrases que j'ai tirées au fil des pages :

"Moi, comme les chiens, j'éprouve le besoin de l'infini"
"Elles auront des ailes transparentes de papillon et des cheveux d'une longueur ondulée, qui flottent autour de la gentillesse de leur front"
"mais, j'ai peur, au contraire, de ta propre haine, qui, par un ordre capricieux, peut sortir de ton coeur et devenir immense, comme l'envergure du condor des Andes"
"Le sang monte quelquefois à la tête, quand on s'applique à tirer du néant une dernière comète"
"il n'en est pas moins vrai que la bouche risible de ces paysans reste encore assez large pour avaler trois cachalots"
"Il n'en est pas moins vrai que les draperies en forme de croissant de lune n'y reçoivent plus l'expression de leur symétrie définitive dans le nombre quaternaire"

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