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Les Frères Karamazov par Jane Mazzocato

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Meilleure lecture depuis... pfiou...

J'ai lu les Frères Karamazov sur mon kindle, et la lenteur de ma progression m'a tout d'abord effrayé (on ne voit pas le nombre de page au début, mais seulement le pourcentage d'avancement. Ainsi, si on lit du Marc Lévy on en est à 60% d'avancement en une demi-heure).
Les divagations et bouffonnades du père Karamazov m'ont fait craindre un épuisement similaire à celui que j'ai eu à lire Crime et Châtiment, avec des personnages aux pensées chaotiques. Je ne cernais pas vraiment Aliocha, malgré l'auréole dont l'auteur le pare. Et l'histoire semblait n'aller nulle part, mais plutôt consister en des déclarations unilatérales des personnages, sans vrai échange.

Et puis j'ai lu le discours d'Ivan à Alioucha, et les pièces se sont mises en place.

Ce n'est pas seulement un discours sur la religion, un exposé des doutes d'Ivan sur l'institution. C'est la place d'Ivan, son être profond qui sont soudain exposés. Et des personnages qui étaient des caricatures prennent enfin leur sens. Idem, la suite du récit permet de creuser le personnage de Mitia, sans doute le plus charismatique des 3 frères, et son incohérence et son agitation donnent une démonstration des mobiles qui l'agitent. Même Alioucha, personnage assez lisse, devient intrigant à cause de l'effet qu'il fait aux gens qu'il rencontre, en faisant apparaître le meilleur d'eux-même. Quant à l'histoire, le parricide, les révélations du 4e frère, les tourments d'Ivan, c'est fascinant. En une histoire, quelques personnages (même si les personnages secondaires sont totalement crédibles), c'est l'être humain qui est décortiqué, son rapport à la famille, à la société et sa place au sein de celle-ci, à la mortalité, la propriété, la moralité...

On m'a dit, les 3 frères sont une illustration du rapport de Dostoievski à la religion à plusieurs moments de sa vie, ce qui me semble simpliste : est-il possible de passer de l'un à l'autre ? Les 3 ne sont-il pas présents en même temps, l'égoïsme et l'inconséquence de Mitia remportant la victoire presque à chaque fois, tout comme la foi ardente et désintéressée d'Alioucha ne disparaît pas malgré le temps (ce qui expliquerait le dévouement de Dostoievski envers la famille de son frère mais son incapacité à résister à l'attrait des femmes et du jeu) ?

Il y aussi un mystère pour moi dans cette oeuvre : en quoi Ivan est-il le frère le plus semblable à son père ? Même si le dernier quart laissent une image moins froide de son personnage, je ne comprends pas cette affirmation formulée par plusieurs personnages dans le livre.

Bref, waow.

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