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Échapper à la Trace, trouver refuge dans la lecture

Avis sur Les Furtifs

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Critique publiée par le

Critique écrite en cours de lecture.

Alain Damasio poursuit son œuvre avec brio.
Après La zone du dehors, où il esquisse les limites d'une société démocratique et sa rationalité par la notation de l'individu (comme le fait actuellement la Chine depuis peu), puis la Horde du Contrevent, sur l'idée de trouver sa meute et se mettre en mouvement contre les vents contraires, envers et contre tous, Les Furtifs pose en premier lieu la notion d'une société où tout est enregistré, tous les faits et gestes des individus sont cernés, criblés par les capteurs en tout genre, leur proposant ensuite de la pré-pub et de la post-pub, affinant algorithmes.
On est dans un épisode de Black Mirror.
On retrouve une description détaillée d'une ville et d'une société comme dans son premier roman et son style d'écriture multi-narrateur où chaque personnage a son langage, des signes ponctuatifs distingués. La sonorité encore, la poésie qui s'en dégage disent plus sur les personnages que tout autre élément. C'est fluide, par moment exercice de style et de haute voltige grammaticale. Les néologismes fourmillent sans pour autant alourdir tant les concepts sont clairs à comprendre.

Les furtifs sont une espèce d'animaux invisibles aux yeux et aux capteurs dont une équipe militaire tente d'en capturer un vivant car comme leur nom l'indique, ils sont furtifs aux techno humaines et dans une société de l'hyper-contrôle, du capteur et de la data à gogo, ils constituent un champ de recherche inédit.
Derrière, on y retrouve l'idée de se mettre en marge de cette boulimie de données (data) données, livrées aux multinationales qui dirigent en 2040 les villes (Orange détenue par Orange, Paris-LVMH, Lille-Auchan), où la rébellion s'installe, donnant des formes de lutte multiformes, innovantes, renouant d'humanité et de spiritualité. Y transparaissent toutes les idées d'Alain Damasio, du collectif Zanzibar et autres mouvements dont il fait parti.

Pavé de plus de 600 pages, on y plonge allègrement et simplement. Mise en page claire, jeu de ponctuation qui fait évoluer l'usage du langage écrit et lu, album audio "offert" avec le livre : on a ici un objet complet de littérature étendue.
Quinze ans d'attente après la Horde du Contrevent sont bien peu pour achever une telle œuvre, où l'auteur ne déçoit pas son lectorat de fans !

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