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Les amants de Byzance

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Constantinople, 1453.
La capitale chrétienne de culture grecque qui marque la frontière entre Orient et Occident est le théâtre d'un des plus grands sièges militaires de l'histoire ; assaillie par les Turcs du sultan ottoman Mehmet II, la perle de la Chrétienté, l'ancienne Byzance, prépare sa défense à l'abri de ses légendaires murailles et ce, malgré les terribles conflits d'intérêt qui opposent Grecs et Latins.

Du 12 décembre 1452 au 30 mai 1453, le récit de cette lutte entre assiégés et assiégeants est minutieusement narré dans un souffle épique attisé par les passions humaines de personnages historiques et fictifs en tous points remarquables. Et le tout, raconté par un auteur finlandais. Cela a de quoi surprendre, non ? Pourtant qui, lisant cette épopée, douterait un instant de l'érudition et du talent de Mika Waltari ? Déjà, Stefen Sweig avait décrit de manière assez lapidaire le célèbre siège dans ses "Très riches heures de l'Humanité" mais il l'avait fait de façon quasi journalistique - bien que sa verve donnât à son récit une couleur unique. Ici, Mika Waltari plonge en eaux profondes pour sonder la société, le religion, la psychologie et la passion amoureuse. Les balbutiements de l'œcuménisme, l'instabilité du basileus, les luttes hégémoniques des Génois et des Vénitiens et l'héritage culturel, philosophique et spirituel d'une population déshabituée à être dominée sont autant de facteurs aggravants de la situation et devant entraîner la ville impériale à sa perte.

Si le récit, de par le choix chronologique de la narration, accuse quelques longueurs, l'ensemble n'en demeure pas moins exaltant. En parallèle des actes militaires, la passion enfiévrée qui unit les héros Joannès et Anna (et qui n'est pas sans rappeler les amours de Marcus Vinicius et de Lygie dans le "Quo vadis ?" de Henryk Sienkiewicz), quoique traitée sans pathos excessif, aurait de quoi faire pâlir Roméo et Juliette...

Pourquoi centrer tout un roman sur un événement historique en particulier ? Certainement parce que l'événement en question n'est pas du tout anodin et divise même des générations d'historiens depuis des lustres, les uns voyant dans la chute de Constantinople en 1453 la fin du Moyen-Âge quand les autres la situent en 1492 avec la découverte de l'Amérique. Ma lecture achevée - et bien qu'ayant depuis plusieurs années mon propre avis sur la question -, les violences des assauts et des représailles me font plus que jamais douter que l'homme soit bien entré dans la période Moderne au XVème siècle. Et, hélas, force est de constater qu'en bien des endroits, le Moyen Age subsiste encore de nos jours.

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