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Lolita par izki

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"Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta : the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta.
She was Lo, plain Lo, in the morning, standing four feet ten in one sock. She was Lola in slacks. She was Dolly at school. She was Dolores on the dotted line. But in my arms she was always Lolita."

Lolita. Un petit nom pour une grande œuvre. L'incipit est magistral ; jamais un début de roman ne m'a autant donné envie de lire la suite. Paradoxalement, il en émane, de mon point de vue, un côté très frustrant : comment faire pour en écrire un aussi bien, voire mieux ? On dit souvent qu'il ne faut pas bâcler la fin d'une chose que l'on entreprend, car on reste sur cette dernière impression. Mais encore faut-il avoir envie, du point de vue du spectateur, d'aller voir cette fin. Pour ce faire, deux choses primordiales selon moi : l'incipit et le développement. Le premier, c'est le fameux contrat que fait l'auteur avec le lecteur ; il faut essayer de faire original, donner envie au lecteur en lui montrant ce dont l'auteur est capable, et ce qu'il aura l'occasion de voir par la suite. Il faudrait laisser une part de doute, de mystère. En effet, à quoi bon lire toute une œuvre si l'on en connaît le développement et le dénouement ?
Lolita commence d'une manière, si je puis me permettre, mignonne, presque poétique. Grâce à cela, le lecteur est prévenu que, malgré le thème de l'œuvre – on ne lit pas Lolita par hasard -, jamais le roman ne tombera dans le vulgaire ou le pornographique. Par ailleurs, ce début n'entre pas dans la chronologie de l'œuvre ; de fait, on veut très vite lire la suite afin de savoir ce qui pousse l'auteur à écrire cela.
Le discours à la première personne, évidemment, est très immersif. J'aime beaucoup. Lors de ma lecture, j'avais toujours en tête si oui ou non l'auteur lui-même adhérait à ses propres propos. La réponse, je ne l'ai pas trouvée. On se prend d'affection pour ce pauvre Humbert Humbert, on l'apprécie, on partage presque ses sentiments, ses idées. Bien sûr, on finit toujours pas retrouver la raison et tracer une saine frontière entre lui et nous. Mais finalement, on le plaint ; il n'est victime que de lui-même, que de la société dans laquelle il évolue et ne lui permet pas légalement d'être en harmonie avec ses sentiments les plus profonds. Quoi de plus dramatique que de se savoir enfermé ainsi, obligé d'être hors-la-loi pour aimer ?
La fin importe peu, on la connaît déjà, dès les premières pages, mais elle doit être écrite. Il est du devoir de l'auteur de conclure cette escapade, pour le bien du protagoniste principal, pour le bien de tous.

"Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita."

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