Alors « destituons le monde »!

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Si en se levant le matin on avait vraiment la volonté de faire quelque chose ? J’aime l’idée assez évidente pourtant : il est grand temps de changer les choses. On s’entend (enfin beaucoup d’entre nous) pour dire que plein de choses ne vont pas, de notre système de gouvernance à notre environnement immédiat, nos villes, l’image renvoyée par les médias… Chacun d’entre nous a ses propres « obsessions », mais on pourrait se réunir, non ?
Ce livre parle beaucoup de l’expérience qu’a été Nuit Debout, avec tous les drives et toutes les erreurs qui en sont sorties. Il est d’ailleurs très critique, ce qui est ma foi très légitime : des AG parisiennes où chacun ne parle que de lui-même aux actions mal concertées, récupération et bataille d’ego (et j’en passe). Sans pour autant occulter les points positifs, surtout la prise de la tête des cortèges par ceux qui d’ordinaire occupent la queue du convoi : associations libertaires, jeunes « agités », bref ceux que de nombreux syndicats aiment reléguer aux rangs des invisibles. Groupe encapuchonné, pour les gaz ou l’anonymat, qui « prend la rue », acte fort, peut-être nécessaire pour créer une réaction populaire ?
Ce qui n’empêche ni les violences ni les humiliations, rappelons-nous des manifestants cernés par la police et bloqués sur des places, ou rabattus dans les stations de métro.

Ce livre est un appel à l’action, une sorte d’espoir immédiat, proche du « no future » punk mais un « demain n’existe pas » rieur. Un cri de révolte un brin arrogant, vivant. Flamboyant.
Violent parfois, surtout le chapitre « 50 nuances de bris » ; je sais que ça ne parlera pas à tout le monde. Mais je comprends cette violence, ce besoin de faire sortir son énergie, hurler son opposition en abolissant physiquement ce qui la caractérise : on pense notamment aux distributeurs de billets Rennais et Nantais qui ont « pris quelques congés » au printemps dernier. Ce n’est pas les armes que désirait Blanqui, non ce sont les milliers de mains de nous tous. Des Grands Soirs personnels, intimistes, où on prend conscience qu’on en peut plus et qu’il faut « faire autre chose, ou du moins faire autrement ».

Il est question des ZAD/ZAT, rapidement, trop à mon goût, mais elles sont là. Nous parlant d’une autre construction possible, d’autres quotidiens.
Le comité invisible acte les ressentis, en parle comme un ami à une réunion associative. Cela fait déjà dix ans que sortait « l’insurrection qui vient » qui avait été très important pour moi.

Alors « destituons le monde »!

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