Relativement inattendu et décomplexant.

Avis sur Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens

Avatar Julien von Dawson
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Chose qui m'arrive assez rarement, et qui en un sens n'est pas non plus déplaisant, j'ai préféré le film au roman. Mais cela ne s'est joué qu'à peu de choses surtout grâce à la fin du livre qui nous offre des moments inédits, tendres et très drôles. Et, même si j'ai ma préférence, Love Simon (de son tout nouveau titre) a été un excellent moment de lecture, si bien que j'enchaîne avec la suite, centrée sur le personnage de Leah. C'est pour dire. Par contre, de nombreuses coquilles sont présentes… ce qui est franchement dommage, surtout pour une réédition. Ayant vu le film avant ma lecture, je pense que je me suis faite une certaine idée de l'histoire qui était pour moi "la vraie" et je me suis aussi attachée à la version des personnages cinématographiques. Et pourtant, le film est une très bonne adaptation qui reste fidèle à l'oeuvre de base tout en ayant pas mal de petites libertés (oui, c'est peut-être un peu paradoxale). Il n'en reste pas moins que le message principal est bien là et que les deux oeuvres sont des petits bonheurs avec un message positif. Mais revenons un peu à notre livre. Simon a seize ans, se sait homosexuel depuis plusieurs années mais n'a pas fait son coming-out. Il le vit plutôt bien jusqu'au jour où l'un de ses camarades lui fait du chantage pour obtenir les faveurs de l'une des meilleures amies de notre héros...Si le roman reste très sympathique et ne traite pas réellement de la persécution et des moqueries que peuvent subir les homosexuels, j'avoue que le côté chantage même s'il n'est pas non plus traité avec noirceur m'a laissé, tout au long de l'histoire, avec un arrière goût de "je ferais bien une tête au carré à Martin" (notre dit camarade de classe). Et en même temps, sans Martin, pas réellement d'histoire... quoique à bien y réfléchir Simon aurait fini par sauter le pas, mais ce petit coup de pression précipite les choses. L'auteur aurait pu se concentrer sur l'histoire d'amour qui se déroule en parallèle et qui a mon sens, aurait probablement fini par aboutir au même résultat. Mais elle décide aussi de montrer le processus d'une recherche de soi et une acceptation autant envers soi-même que face aux regards des autres. Si vous cherchez du drame, il n'y en a pas, et cela ne m'a pas chagriné le moins du monde même si pour le coup, il y a un côté "réaliste" qui est moins palpable sans être non plus absurde. Les personnages de Love Simon sont, sans conteste, le gros plus du roman. Simon, Abby, Leah, Blue et la famille un peu déjantée de notre héros apportent tellement à l'histoire qu'il est difficile de les quitter. Je ne me suis pas particulièrement identifiée à qui que ce soit, et pourtant, la magie opère dès le départ. Et c'est génial car cela peut être rédhibitoire. Il y a une palette assez étendue de caractère mais surtout et cela fait beaucoup, de l'amour et de l'amitié à chaque recoin de pages. Ce n'est pas non plus dégoulinant de tendresse, mais on se sent protégé, en quelque sorte dans le monde de Simon. L'acceptation est bien présente, et même avant cela, on ne peut que voir les liens solides qui unissent les personnages. Cela fait un bien fou, c'est peut-être ce que certains n'aimeront pas, je ne sais pas, mais personnellement, cette positivité et cette douceur m'ont plu énormément. Après, bien entendu, nous sommes face à des adolescents. Il y a les petits drames du quotidien, les relations amoureuses qui parfois ne vont pas comme on le souhaiterait, la famille, et le lycée... Ce fameux lycée qui n'épargne personne et qui pourtant est aussi le siège de très belles rencontres et de moments inoubliables. le cheminement de Simon est aussi très plaisant à voir. Il ne cherche pas vraiment mais il a peur du changement que cela pourrait apporter dans sa vie si tout le monde apprenait qu'il est gay. J'aime cette approche qui sort un peu de l'ordinaire. Simon a peur que les gens qui l'aiment le voient différemment, alors qu'il ne l'est pas fondamentalement. Et puis, le jeune homme a raison : pourquoi est-ce qu'on en fait tout un flan. La scène sur les hétérosexuels qui annoncent à leurs parents qu'ils sont hétérosexuels est tordante et si criante de vérité. Il y a un passage de le roman qui est fait allusion d'ailleurs. Et tout est là, avec une dérision si comique que cela donne à réfléchir. La romance qui s'installe entre Blue et Simon est aussi sur la même lignée. Tout se passe par emails échangés. Ce ne sont que des mots, et pourtant, on sent petit à petit que quelque chose se crée. Et rien qu'avec ces lettres, les deux jeunes gens arrivent à découvrir l'autre et à faire naître un sentiment amoureux. Pourquoi notre société ne se focalise pas sur ce qui est réellement important et vrai ? C'est peut-être utopique, en un sens, mais j'ai trouvé cette romance beaucoup plus poignante et vive, tendre et réelle. Un petit mot sur ma scène préférée du roman qui reste d'ailleurs dans la même veine : la sortie dans le restaurant/bar gay. J'étais sous le charme de notre Simon complètement bourré et de toute la douceur de ce chapitre. Un tournant aussi dans l'histoire mais cette scène-là, messieurs dames, a fait toute la différence pour moi. Je la relierai avec grand plaisir d'ailleurs. Une histoire attachante, drôle et tendre qui nous porte avec douceur. de la réflexion, certes, mais avant tout une aventure dans la vie d'un jeune homme dont on aimerait être le meilleur ami et à qui on ne peut souhaiter que du bonheur.

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Julien von Dawson a ajouté ce livre à 1 liste Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens

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