Tuer le père

Avis sur Mon père, ce tueur

Avatar Agnès Maillard
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… Du côté de Thierry, la pulsion introspective s’attache à la figure du père, à l’ombre monolithique que sa nature violente projette sur le fils, devenu père à son tour et luttant encore et toujours contre un héritage lourd et tapi à l’affut du moindre relâchement moral. À travers l’histoire du père, c’est aussi un épisode sombre de l’Histoire coloniale de notre pays qu’explore Thierry Crouzet, reconstituant l’itinéraire de l’apprentissage du tueur au cœur de la guerre d’Algérie.

Chemins tangents qui ne se croisent pourtant jamais, discutant du livre avec mon père, j’apprends ainsi qu’il était sur le théâtre des évènements exactement au même moment, en 56, mais mon père comme infirmier dans un service de soins pour officiers, tandis que Jim perfectionnait sa grammaire de la violence comme tireur d’élite sur un piton dans les Aurès.

Reconstitué d’après ses propres notes, le parcours de Jim oscille entre l’âpreté désertique de la guerre et l’enchantement aquatique de l’étang languedocien où la famille Crouzet tutoie la nature depuis des générations, mais ce qu’interroge surtout ce livre, c’est la fabrique de la violence et sa transmission à sa descendance.

Servi par le style sobre et précis d’un méta-auteur qui ne s’est jamais laissé aller à la complaisance de se regarder écrire, Mon père, ce tueur marque une étape dans la carrière de Thierry Crouzet et est assurément son meilleur livre jusqu’à présent.

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