Ordre et beauté...

Avis sur Monsieur Origami

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Lire Monsieur Origami, c’est entrer dans un autre monde fait de silence et de contemplation, c’est se retirer de la vaine agitation du monde et faire une pause, prendre son temps. Ralentir le rythme pour méditer, profiter de ce que nous sommes ici et maintenant.

Une invitation à « être »… « À quoi sert-il d’avoir si être nous manque… »
Ce roman, j’allais dire ce poème, d’une grande perfection formelle, raconte la vie d’un homme : Maître Kurogiku. Son métier consiste à fabriquer du papier : le washi. Les branches du kōso, un mûrier, permettent de fabriquer ce papier qui est à la fois souple et très résistant. On peut s’en servir pour créer des lampes, des sacs, des parois japonaises…
Fabriquer du washi est un art au Japon et Maître Kurogiku a hérité de son père ce savoir-faire. Mais, s’il vend les moins belles feuilles, il garde celles qui lui plaisent pour se livrer à sa passion : l’origami.
Il aime en effet plier le papier. Et surtout, le déplier. Il médite en observant les plis. C’est un art, une philosophie, une façon de concevoir la vie, d’échapper au temps.
Un jour, alors qu’il avait vingt ans, Maître Kurogiku quitta son pays avec trois pousses de kōso. Il alla en Italie.
Bien plus tard, il rencontre un homme : Casparo, un jeune horloger qui a un projet.
Parfois les deux hommes parlent, souvent ils se taisent.
Evidemment, Casparo aimerait savoir pourquoi ce maître en origami a tout quitté du jour au lendemain pour aller en Italie. Mais, il sait que « toute beauté a sa part d’ombre », alors il attend le bon moment pour poser sa question…
Ce premier roman de Jean-Marc Ceci est un conte poétique d’une grande beauté : chaque mot, chaque virgule, chaque silence est à sa place. La description quasi documentaire de la fabrication du washi est un véritable enchantement : les gestes sont minutieusement décrits et l’on a l’impression de se trouver dans la pièce où l’artisan fabrique le papier. De même, toute la philosophie zen liée au pliage du papier est fascinante. On sort de cette lecture comme apaisé par la beauté du monde et des choses que l’auteur déploie devant nous. L’humour de l’auteur, présent ici et là, achève de nous enchanter…
Connaissez-vous la légende des « mille grues » ? Savez-vous ce qu’est « le pli vallée » et « le pli montagne » ?
Ouvrez le livre de Jean-Marc Ceci, dépliez-vous et laissez-vous aller…

Retrouvez Marie-Laure sur son blog: http://lireaulit.blogspot.fr/

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