Douceur de vivre

Avis sur Par les routes

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Avis : Pour une fois, j’ai écrit une "critique" très générale, SANS SPOILER, donc. Aucun risque à lire ce petit texte.

Par les routes, c'est le genre de récits qui, d’habitude, par la forme comme par le fond, m’apparait désespéramment naïf et mielleux. Par les routes, ça aurait tout simplement pu être un livre feel good, dont on sort avec le sourire, peut-être, ou la sensation de n'avoir rien lu, sans doute. J'abhorre ce genre de livres, même si je reconnais leur utilité. Je m’y plonge très rarement, je préfère la profondeur de la réflexion, des sujets qui me secouent l’être. Je suis sans doute incapable d’aimer tout à fait lire le cœur léger. Et pourtant, je viens d’apprendre à quel point cela est méprisant, mais surtout, à quel point cela est une erreur. Ici, en tout cas.

Pourquoi Par les routes fonctionne ? Pourquoi est-ce un véritable baume au cœur ? Une plume légère, belle, qui émerveille ? Pourquoi ce livre est-il la définition même de la douceur ? Pourfaut faut-il le lire ?

Reprenons chronologiquement. D'abord, il y a une obsession. L'obsession d'une personne, sur Twitter, une lettrée, qui parle de ce livre comme d'une pépite. Il y a la culpabilité aussi. Ma pile à lire est colossale, habitée par des classiques jamais lus, des monuments à relire, des découvertes à faire. Mon temps de lecture est ténu, mon manque de concentration, certain. Pourtant, l’obstinée me donne envie, elle me tente, inéluctablement.
Ensuite, il y a la solution, une entorse à la règle, pas aussi grave que cela : le livre vient d’être commandé par la médiathèque locale, il sera disponible bientôt. J’insère donc Par les routes dans une cycle de lecture, accompagnant l'évasion poétique avec Jehan-Rictus, l'interrogation sur l’univers avec Trinh Xuan Thuan, l'interrogation sur l’homme avec Albert Camus. Je le mets avec mon tome 2 d’Harry Potter -j'ai 20 ans de retard, je sais- dans les « lectures détentes », parfaites pour le soir, quelques instants avant de sombrer.
Très vite, l’évidence se fait. Après des débuts timides, j’accélère. Si on excepte les quelques premières pages, l’évidence : je suis en train de dévorer ce livre.
Pourquoi, soudain, cette frénésie ? Le contexte personnel, sans aucun doute, que je passerai sous silence. Mais, aussi, tout simplement, parce que Par les routes est écrit dans un style d’une légèreté incroyable. C'est un voyage initiatique au cœur des routes de France -et d'ailleurs, certes, sans doute- mais c'est surtout une embardée hors du réel. Le livre interroge sur nos conceptions de vie modernes, et il peint la vie, belle, à portée de main, avec un vocabulaire magnifique. On a l’impression d’être vivant, terriblement vivant, ce livre à la main. Quant au voyage, s'il est personnel, il s'agit aussi d'être spectateur, en une double identité pourtant bien complémentaire. La langue est belle, Sacha est simple mais entier, l'autostoppeur insaisissable. Finalement, on ferme le livre, persuadé d'avoir compris quelque chose, quelque chose d'important.

Je conseille, fortement, cette lecture. Surtout si, parfois, vous êtes perdus face à ce monde aux allures irréelles.

Je vous laisse avec le quatrième de couverture :

J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux, installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé, autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte. J’ai rencontré Marie.

N’hésitez pas à dire ce que vous en pensez. Bonne lecture, ou non, c’est à vous de voir. Bien à vous, Dan.
Notez que j'ai mis "8" parce que je sors à peine de ces pages, mais si j'avais pu, un 7,5 me semble plus approprier (je ne peux me résoudre au 7).

Edit : notez aussi que le livre a eu le prix Femina 2019

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