Crasse, puanteur, maladie et...beauté

Avis sur Perdido Street Station

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C'est une bien étrange aventure que je viens de suivre dans les murs de "la nouvelle Crobuzon", cette mégalopole-état bariolée et dégueulasse. Pendant tous ces jours et toutes ces nuits ou j'ai suivi l'épopée d'Isaac van Der Grimnebulin et sa clique, au travers d'épreuves toujours plus difficiles, déchirantes, fascinantes, qui m'ont emporté vers un final immense et inoubliable.

La ville, sa description fouillé, jusqu'à l'odeur, est sans aucun doute l'aspect le plus fascinant de l'histoire. A force de traques, balades, voyages dans ses rues, on s'y s'en presque résident...ses rues, ses bars, ses quartiers, vont me manquer.

Les personnages, profonds et complexes, sont le fruit d'un gros travail d'étude, afin d'assurer la cohérence de l'univers : et oui, faire cohabiter humains, hommes-poissons, hommes-cactus et j'en passe, ce n'est pas une mince affaire. Içi l'étude est méticuleuse, jusque dans les rouages de chaque micro-société, son mode d'alimentation, de reproduction, de pensée...la faune de Nouvelle Crobuzon est passée au microscope.

Enfin La menace, la plus flippante et presque tangible jusque là croisée dans un bouquin, est vraiment un chef d'oeuvre du genre.

Je ne rentre pas plus dans les détails du récit, car comme des photos de vacances un peu ratées, ma critique ne saurait retranscrire l'ambiance folle de ce bouquin. Le seul point sur lequel j'insiste, et qui justifie ma note, c'est la nausée. La nausée qui commence dès l'introduction, tant la ville parait un cloaque infâme, donc la description vous pique les yeux. Et ça va crescendo, de quartiers à la limite de la décomposition, au bidonvilles purulents, en passant par un boyau d'égout qui vous arrache des haut-le-coeur, China Mieville ne nous épargne rien. On se surprend même à reprendre son souffle quand au détour d'un panoramique, on lit enfin la description...d'une fleur.

Finalement c'est un fascinant voyage, qui vous prend au tripes, qui brasse votre petit coeur dans toutes les directions, mais de ceux dont on ressort sale, épuisé, prêt à tuer pour une bonne douche.

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