la honte d'être geek...

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Après avoir fini de lire cet "oeuvre", j'ai bien du mal à savoir à qui ce livre s'adresse. Si l'on part du principe que le livre est à destination des enfants, alors pourquoi pas; après tout, l'histoire ultra-simpliste à l'image d'un jeu vidéo peut passer, avec en plus une louche de dialogues djeun's et branché, ça peut passer.
Mais voila, je pense que le livre s'adresse avant tout au geek de tout âge, et là le résultat est plutôt...embarrassant.
Etant moi-même un ancien geek (et encore un peu je pense...) de l'époque des années 80, je n'ai jamais considéré que d'être "geek" était une fierté, mais plutôt une manière d'être un peu honteuse en attendant d'être adulte. Mais voir maintenant qu'un roman met en avant cette philosophie de vie en imaginant que c'est grâce à elle que le monde va être sauvé, c’est limite ridicule. Car finalement, que peut-on retenir des personnages geek du roman?:
- La vie des autres pour un geek n'a pas d'importance, puisque le héros n'hésite pas à sacrifier des dizaines de vies (sa "pile" de locataires dont une mamie qu'il adorait) pour pouvoir continuer à vivre dans son monde comme il l'entends (il aurait pu coopérer mais pas avec le "mal incarné" de la multi-national)
- Le geek connaît tout et ne dort jamais car il a eu le temps de voir toutes les séries sorties à la télé (plusieurs fois), tout les films geek au point de connaître par cœur toutes les répliques (47 visu pour sacrée graal quand même), d'avoir terminé tout les jeux, en ajoutant bien sûr qu'il a eu le temps d'aller à l'école.
- Le geek passe toujours pour un dieu face au noobs en costume-cravate, qui ne sont pas foutus à plusieurs milliers d'avoir la même culture qu'un "vrai" geek (ou qui ont besoin de tricher de manière éhonté).
- Le geek fait toujours les bon choix parce qu'il connaît par coeur les bon jeux et les bons films.
- Le geek est un gros égoïste et veut récupérer tout le pognon pour lui tout seul quitte à mettre en danger tout ses copains qui concourent contre lui (alors qu'il sait que ce n'est plus un jeu et qu'il risque donc sa vie et celle de ses amis).
- le geek trouve TOUJOURS un accès à tout le contenu des données de l'"ennemie" alors que dans un même temps ce dernier est incapable de pirater les appels des geeks ennemies pour les retrouver...
- le geek n'a aucune personnalité, il est juste une éponge prêt à consommer tout ce que les médias capitaliste lui balance sans arrêt. Les notions de valeurs, de philosophie de vie lui sont complètement étranger; tout ce qu'il veut, c'est jouer et mater des films.
- le geek est servile puisque pour gagner il est prêt à faire tout ce que fait son idole, connaître tout ses détails intimes pour du fric.
- le geek est égocentrique puisque le programmeur de génie a imaginé des énigmes par rapport à ses petits hobbies personnel et n'a aucunement l'intention de donner son argent pour améliorer le monde; il veut juste que tout ses admirateurs se battent pour montrer qui est le plus servile et le connaît mieux.

bref, le geek présenté est pathétique, et ce qui est une blague de potache entre potes pour animer les soirées devant la télé ou l'ordinateur en jouant en réseau devient l'élément essentiel pour la survie du monde du futur, qui sera sauvé grâce à la connaissance du héros pour une obscure série et le slogan d'un paquet de céréales.
Et je ne parle pas bien sûr de l'histoire en elle-même qui est d'une simplicité et d'une facilité confondante: le héros connaît tout, l'histoire est sans surprise, n'amène aucune réflexion sur le monde du futur, est souvent ridicule lors de combat de robots géants (fantasme du geek moyen). Bref, j'ai fini le livre un peu honteux d'avoir passer tout ce temps dessus, parce que, bon, regarder un jeu vidéo sans y jouer c'est déjà moyen, mais alors le lire...
Si vous voulez vraiment lire un bon livre qui ne prend pas les geeks pour des demeurés infantiles, jetez vous plutôt sur Daemon et sa suite qui est mille fois plus intéressant, moins manichéen, et qui incite à une vraie réflexion sur ce que pourrait amener les mondes virtuels au monde réel.

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