Dat Feeling [CRITIQUE DE L'INTEGRALE]

Avis sur Racines - Le Soldat chamane, tome 8

Avatar Reymedy
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Alors pour faire clair, ceci est une critique de l'intégrale de l'oeuvre. Je vais essayer de me faire le plus discret possible en termes de spoilers.

Tout d'abord, en tant que lecteur, je ne suis pas un "fan" de Hobbs, dans le sens où je n'ai pas déjà lu l'Assassin Royal ou les aventuriers de la mer. A dire vrai, je me suis borné à lire le premier tome de l'AR et je crois avoir bien tenté de lire les AdlM étant plus petit (sans grand succès). Tout ça pour dire que dans cette critique, je ne vais pas vous rabâcher du "Mé l'assassin royal c mie". Nope.

J'ai lu la saga d'une traite, enchaînant les 3 intégrales de l'oeuvre dans le RER. Pour faire simple, je vais découper la critique en 3 petites parties, puis en une sorte de conclusion générale. J'invite donc les gens qui veulent se faire une idée de la bête avant de l'affronter, à porter principalement leur attention sur la première partie et sur la conclusion.

1) Premier tome : Woaw... c'est fascinant !

Le début de l'histoire m'a tout simplement envoûté.
J'adore me plonger des des univers cohérents, intéressants et celui là ne m'a pas déçu. Il est absolument unique en son genre. L'auteur ajoute une ambiance "Far Westienne"/exploration au cadre classique des livres de Fantasy. Résultat ? Un monde que l'on veut à tout prix découvrir, conquérir. Tout au long de ce livre, des pans de cultures sur ce monde seront livrés : des clans primitifs et mystiques, des civilisations aux technologies évoluées. Et ces camps ne cesseront par la suite de se diviser entre eux à la manière de poupées russes, tout en conservant une pertinence remarquable dans leurs interactions. Par exemple, les peuples évolués se scindent entre Gerniens et Canteterriens, les Gerniens eux-mêmes divisés bien sûr en castes. Et si seulement c'était si simple... la Noblesse elle-même est divisée entre nouveaux et anciens nobles (à la manière des nobles de robes, et de ceux d'épées appartenant à l'histoire de notre France!).
Je ne vais pas m'épancher plus dans la géopolitique mais l'auteur a su la rendre relativement claire, ce qui ne l'empêche d'être le théâtre de conflits prenants.

Outre l'exploration du monde, ce livre nous fait découvrir l'héro de la saga : Jamère Burvelle (sans dec?).
Et c'est pas n'importe qui, c'est le deuxième fils (donc destiné à être militaire comme son père) d'un seigneur de guerre (bordel de merde), qui a obtenu ses titres et ses terres à la force de ses petits bras. Bon on se doute qu'il ne va pas s'entendre très bien avec ses copains les anciens nobles.
Le début du livre nous raconte l'initiation de Jamère, ou comment son père l'éduque. Et alors qu'au début tout semble simple, des événements vont bientôt venir menacer l'avenir auquel Jamère était promis.
La seconde partie du livre nous fait accompagner Jamère durant sa vie scolaire. C'est peut-être ma partie préférée du livre, ou la routine des cours se dispute avec l'antagonisme ancienne/nouvelle noblesse.

2) Deuxième tome : On souffre ensembles

C'est simple, ce tome s'apparente à une sorte de destruction méthodique de tout ce qui fait Jamère. Comme si le monde entier travaillait à le mettre en pièce. Ce passage a sûrement pu en frustrer plus d'un. Personnellement, j'ai pu l'encaisser et continuer à profiter du récit. Les temps sont durs, Jamère touche le fond.
La suite du tome nous raconte comment Jamère s’accommode de sa situation, pour que l'auteur l'enterre plus profondément ensuite. A la fin du tome, ce que vous avez connu de Jamère n'est plus. Ce passage du Soldat Chamane ressemble presque à une mise à l’épreuve, autant pour Jamère que pour son lecteur. Reste à savoir si cela permet de renforcer les liens entre vous et l'héros ? J'ai vraiment eu l'impression que Hobbs cherchait à transcender la relation héros/lecteur. Allez vous pouvoir subir de voir le portrait que vous étiez fait de Jamère voler en éclats ?
Car c'est simple, le premier tome dresse un tableau et le deuxième déchire la toile en morceaux. Quant au troisième ? Il va brillamment recoller tous ces morceaux, reconstruire un nouveau puzzle.

3) Troisième tome : Dat feeling

A la fin du deuxième tome. Jamère part de 0. Et la première partie du troisième ne lui sera pas plus favorable.
Tout ce que je peux dire sur ce tome se résume au fait que l'auteur va parvenir à mettre parfaitement bout à bout chaque partie de l'histoire qu'elle avait livré auparavant.
Tous ces moment de doute, toutes ces fois ou vous êtres sentis trahis par l'auteur qui déchirait votre héros, lui faisait prendre des détours, mettait en travers de son chemin des obstacles toujours plus gros... toutes ces fois seront justifiées. Dat feeling quand toutes les pièces du puzzle s'assemblent. On en vient même à se sentir coupable d'avoir mis en question la tournure de l'aventure, d'avoir été agacé quand l'auteur nous disait "patience, la répondre tu trouveras... plus tard".
Et c'est pour cela qu'il serait criminel de spoiler, tant Hobbs nous manipule avec brio, nous fait plonger dans le précipice du doute pour mieux nous rattraper juste avant d'heurter le sol de la déception.

J'avoue cependant, que le dénouement n'avait pas autant de panache que j'attendais. Cela dit, c'est pas pour autant que j'ai été déçu de ce dernier. Pour une fois, je m'y attendais un peu... Dat feeling.

Conclusion :

Une saga superbe. C'est un univers "où qu'on aime bien venir", profond, cohérent. Tout comme les personnages, dont la psychologique est absolument irréprochable. Les seules fois ou vous en douterez ce seront les fois ou ces derniers se font manipuler par l'intrigue, sans que vous en ayez conscience.
Un deuxième tome sombre, qui je pense en rebutera plus d'un. Ayez foi, car cette pénitence ne rend la fin que plus belle.

Bon aller tchuss.

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