La chute de l'Homme

Avis sur Ravage

Avatar Thoreau
Critique publiée par le

quelle déception, quelle gêne, quelle vilenie,quelle honte.

Je vais tenter de rester calme et faire simple.
tout d'abord, le livre est mauvais, très mauvais, même pire c'est un torchon.

Ensuite parlons de choses gênantes, le livre est sorti en 1943, c'est à dire qu'il a été écrit par un français sous Vichy. en gros par un lâche qui dans sa fleur de l'âge préfère écrire un roman de SF complaisant plutôt que lutter pour la liberté ou ce genre de choses obsolètes en 1943.

Mr Barjavel était Pétainiste, c'est gênant, très gênant, quand on lit ce torchon qu'est Ravage.

Il y a trois parties:

  • la première décrit un monde futuriste plutôt bien trouvé à vrai dire, Barjavel a pas mal d'imagination, sa prose et son style sont simples mais reste efficace. Il a vu juste sur beaucoup de points même si il décrit un monde idéal, pour lui-même. (Qui s'avère assez horrible, mais bon.)
  • la seconde: décrit le fléau, en gros, la disparition pure et simple de l'électricité. Causant une pénurie quasi totale dans un monde où tout ou presque est issu de l'industrie (qui utilise électricité).
    on observe cette fin du monde prendre place à Paris, les descriptions de l'incendie sont bien faites, etc...
  • la troisème décrit la fuite de François, le protagoniste PRINCIPAL dont on reparlera après, et un petit groupe de survivants qui fuient Paris pour le sud de la France. Dans le but de rejoindre la région natale de François, restée fortement naturelle et comportant encore de l'agriculture traditionnelle.

enfin la dernière partie est celle qui finit d'enfoncer le clou, la renaissance de la civilisation grâce à François sous un air plus que suggéré de 'néo-Abraham'. L'homme vit jusque 130 ans, à au moins 25 enfants mais surement (beaucoup) plus. bref

Venons en à **pourquoi ce roman est un torchon ? **

Ravage est un roman post apocalyptique, la première moitié ne sert qu'à définir le cadre pour la seconde partie; le roman se construit autour du personnage de François Deschamps, qui est à ce jour le plus mauvais personnage jamais inventé.
La psychologie inexistante dans le roman fait cruellement défaut. Et c'est normal, qui dit psychologie, dit être intelligible.

Or René Barjavel ne livre ici que son fantasme prépubertaire de pro-pétain:

François Deschamps est hyper machiste, misogyne, égocentrique. Mais François c'est un personnage de roman, ce qui fait de Barjavel Dieu donc c'est normal si François décrète être le plus intelligent, rencontre jésus dans une prison et finit l'histoire en tant que patriarche de l''Humanité, rien que ça.

Je n'exagère pas, tout ça arrive, pour rajouter quelques détails croustillants, sachez que bien que Blanche la seconde protagoniste principale THEORIQUE puisque qu'elle ne parle jamais, ne dit jamais rien, mais elle est très utile car elle donne 17 enfants à François. Et elle l'aime beaucoup, elle le récompense pour son héroïsme et son courage, peu importe qu'il l'est enlevée, qu'il se soit délecté de la mort de son mari, qu'il trouvait honteux qu'elle soit chanteuse.

Le monde a basculé dans les ténèbres, les conventions contemporaines n'ont plus lieu d'êtres, ce qui compte c'est sauver l'Humanité. Et comme dans toute religions ça se fait à coup de bite, si vous me passez l'expression. les Hommes sont tous polygames, François, en bon patriarches a 7 femmes. Dieu -Barjavel- veillant à ce que l'Homme renaisse, influence les naissances, 3 ou 4 femmes pour un homme. Histoire d'augmenter les naissance. bref Mr Deschamps est un Abraham encore plus heureux que Job avant que dieu vienne le faire chier.

Barjavel livre ici sa vision étriquée et lâche sur la société. On comprend facilement qu'il y a des Pétain, des Hitler et des Staline quand il y a des gens qui pensent comme ça et encore pire des gens qui lisent ça, et y voient une oeuvre géniale.

C'est 300 pages de complaisance masturbatoire où l'Homme retrouve sa juste place de Polygame et d'agneau sacré, chéri de Dieu. La femme elle reprend sa place de poule pondeuse qui ferme sa gueule.

Je me suis forcé à finir ce livre, mon dégoût rehaussé après chaque page, afin d'écrire une vague critique de cette oeuvre choquante qui trahit une vision surannée et phallocrate par un écrivain né 3000 ans trop tard.

aux gens qui ont aimés ce livre: soit vous ne l'avez pas lu, soit vous devez vous remettre en question !

à ceux qui me diront 'oui t'as pas aimé, c'est tout' rien à voir. quand on écrit un roman post-apocalyptique c'est pour dire: 'regarder comment c'est parti en couille ! '

Ensuite soit il y a une fin ouverte soit une fin qui soumet une façon dont l'homme peut se reprendre en main. Mr Barjavel n'a pas pris la fin ouverte, la fin est fermée elle reprend une base judéo-chrétienne mais cette fois l'homme se méfiera des machines. et comment ? la fin donne un aperçu, en annihilant tout progrès superflu. (ok je suis pour.)

Mais dans cette nouvelle société patriarcale et phallocratique, Barjavel ne pose aucune contrainte. d'ailleurs c'est à l'instar de Francois, être violent et narcissique qu'il ne remet jamais en question; ce qui suggère bien qu'il n'y a pas de second degré.

Barjavel livre noir sur blanc la vision de son Éden.

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