J'étais comme une enfant qu'on amène pour la première fois à l'école

Avis sur Rebecca

Avatar JeanG55
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J'ai été amené à lire le roman "Rebecca" après avoir été bluffé par le film, obsédant et romanesque en diable, de Hitchcock.
Je l'ai lu une première fois dans la collection "Bouquins" puis après avoir découvert, avec stupeur, que la traduction était simplifiée, je l'ai relu chez Albin Michel dans une traduction complète puis, pour faire bonne mesure je l'ai trouvé en anglais et ai réussi à le lire car le style fluide de Daphné du Maurier simplifie bien la compréhension.
C'est dire que dans mon échelle de valeurs de ma bibliothèque, c'est une œuvre majeure…
Le roman commence par un court flash-back avant de plonger dans un Monte-Carlo de pacotille où la narratrice est une très jeune femme, dame de compagnie d'une femme mondaine. Le hasard, plus ou moins arrangé, la fait découvrir un homme veuf dont elle devient l'amie avant de l'épouser. La narration à la première personne fait qu'on suit étroitement les pensées de l'héroïne et qu'on ne voit les choses que par ses yeux.
L'héroïne, la narratrice, a une conscience aigüe de son changement radical de condition sociale. Pour caricaturer un peu, en somme, c'est l'employée qui épouse le patron et qui a peur, rétrospectivement, de ne pas être à sa place . Elle est très amoureuse de son mari, Maxim de Winter mais en même temps, angoisse terriblement de cette nouvelle condition à laquelle rien ni personne ne l'a préparée. Et les choses s'accélèrent à l'arrivée au domaine de Manderley où on ne se prive pas de lui faire sentir qu'elle usurpe la place de la précédente Mme de Winter, la fameuse Rebecca dont le souvenir s'étale partout et est maintenu vivace par la non moins fameuse Mme Danvers, la gouvernante.

L'ambiance du roman est d'autant plus oppressante que rien ne vient rassurer la narratrice qui tombe dans chacun des pièges (vicieux) tendus par Mme Danvers jusqu'au jour où ses yeux, enfin, se dessillent et commencent à comprendre ce qui se passe …
Le roman est l'histoire de la lente reprise en main de la (sympathique et tendre) narratrice par elle-même.
La construction du roman est très subtile car on part d'une situation à Monte-Carlo anodine et même très agréable qu'on suit avec plaisir car ce début d'histoire met en scène des personnages foncièrement sympathiques qui accrochent rapidement l'intérêt du lecteur. Puis lorsque l'histoire devient oppressante et que la narratrice s'angoisse et se met à douter de tout et de tous, c'est foutu, il n'est plus possible de se détacher du roman qu'on "risque" de lire d'une traite, toutes affaires cessantes…
C'est un très beau roman, passionnant.

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