L'Apollonide, version steampunk

Avis sur Rouille

Avatar Mamzelle Bulle
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Si vous avez aimé l'ambiance du film l'Apollonide (tiens, d'ailleurs, va falloir que je le note, celui-là) et que vous aimez le steampunk, ce bouquin est fait pour vous !

La jeune femme héroïne de l'histoire, Violante (aka Duchesse sous son nom de péripatéticienne), est amnésique. Elle se souvient être arrivée à Paris en dirigeable... et c'est à peu près tout. Perdue dans la rue, malade, elle a été "sauvée" par un maquereau local, tendance dandy des bas-fonds. Pour la protéger, et pour faire des bénéfices, il l'a confié à Madeleine, la mère maquerelle des Jardins Mécaniques. L'histoire commence alors que Violante, sous l'identité de Duchesse, termine une passe dans le bordel. Les Jardins, bordel luxueux, est une oasis au milieu d'un des quartiers le plus malfamé de Paris. Duchesse, avec son doigt métallique et son apparence aristocratique, y est la putain la plus convoitée.

Rapidement, on apprend que les filles sont enfermées dans les Jardins (en partie) pour leur propre sécurité. Dehors, dit-on, rôde un monstre qui enlève et tue des pauvres gens (homme, femme et enfant). Violante s'en échappe pourtant le soir, pour tenter de retrouver Satine, son amie récemment disparue. C'est en la retrouvant, dans un triste état, complètement accro à cette nouvelle drogue, la Rouille, que l'histoire s'emballe pour la jeune héroïne.

L'univers de ce livre est complexe, foisonnant, passionnant. On y retrouve des personnages bien connus : le bandit au grand cœur, le maquereau dégingandé, la brute épaisse, le monstre de foire / cobaye d'expériences abominable, le savant fou, le roi des gitans, l'homme d'affaires que rien n'arrête... Si les personnages ne sont pas nouveaux, l'intrigue (réellement palpitante) et le caractère bien trempé de Violante donnent du rythme au récit. Selon moi, si vous êtes amateur.trice de steampunk, c'est un roman à ne pas laisser passer !

Pour finir, un petit extrait ! ;)
"Madeleine lui saisit le poignet et l'entraîna dans le petit escalier de bois qui craqua sous leur poids. Violante s'arracha à sa poigne. La rage enflamma ses nerfs, comme une réponse à l'ordre de la maquerelle. Elle n'avait rien à faire ici, tout son corps le lui hurlait. Chaque jour, chaque caresse des hommes, chaque sourire d'envie qu'on lui adressait la révoltait. Sa place n'était pas dans un bordel. Mais seule et sans mémoire, sans preuve pour attester de ce que son instinct seul savait, elle restait prisonnière de Madeleine. La grosse femme la poussa en avant. Elle débouchèrent dans le patio qui avait donné son nom à la maison close. Un jardin de cuivre et d'étain s'y épanouissait sous un imposant chandelier de fer et de cristal. Cà et là, des arbres mécaniques bruissaient doucement tandis que des fleurs à rouages déployaient leurs corolles articulées, exhalant de subtiles senteurs artificielles. Au milieu de cette jungle cuivrée, des sofas et des causeuses étaient disposés, petits îlots de plaisir pour la plupart déjà occupés. Violante sentit son coeur vaciller. Les jetons de cuivre pesaient contre sa cuisse. Voilà de quoi était constitué son univers. De monnaie en échange de quelques minutes avec son corps, de rires intéressés et de désirs étalés sur des sofas. Madeleine, à ses côtés, couvait son petit monde d'un regard satisfait.
[...] Elle redressa le menton. Ici, la nuit, elle n'était pas Violante. Elle était Duchesse, la putain. Elle dissimula sa rage derrière ce rôle qui lui allait comme un gant et s'avança vers les hommes."

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