Pourquoi on lit encore Coben...

Avis sur Temps mort

Avatar Eric Pokespagne
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Quand il raconte les aventures de Myron Bolitar (quel nom !), Coben essaye de ne pas être Coben, et il remplace son style passe-partout d'écrivaillon de polars de gare par un style encore plus vulgaire, à la fois hilarant de méchanceté inventive ("l'air avait la transparence d'un rideau de douche crasseux", "ici, la rénovation urbaine était un concept à peu près aussi familier que le voyage temporel", etc.), et largement consternant (régulièrement réactionnaire, xénophobe et anti-jeune)... Mais Coben reste Coben, construisant des énigmes en forme de puzzles à plusieurs niveaux - ce sont les interférences entre plusieurs histoires qui les rendent obscures, à la différence de beaucoup de polars modernes où l'on joue sur les faux semblants d'une seule "histoire" qui en paraît plusieurs -, obsessionnellement autour d'un unique sujet : les secrets de famille, et le mal qu'ils font aux enfants. Ce qui fait que, naturellement, après une poignée de livres construits sur le même principe, on se lasse de Coben... Même si, quand lui et ses personnages arrêtent de faire les malins, et que la tragédie prend toute son ampleur, dans les dernières pages de ce "Temps Mort" qui n'en connaît pas (ah ah ah !), il se dégage (enfin) une certaine force du pessimisme radical de Coben, finalement trop souvent dissimulé derrière la laideur du cynisme. [Critique écrite en 2009]

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