Arnold Strong.

Avis sur Total recall : L'incroyable et véridique...

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Longtemps attendues, les mémoires de Arnold Schwarzenegger laissent au bout du compte un sentiment mitigé.

Sa vie nous est narrée, de son enfance dans un village modeste en Autriche, en passant par ses débuts fracassants dans le culturisme, son triomphe en tant que star hollywoodienne, jusqu'à ses deux mandats en tant que gouverneur de Californie. L'ouvrage s'arrête après le tournage de The Tomb (mi-2012).
Le mot qui ressort assez souvent dans ce livre est : Ambition. Et il faut dire que celle de Schwarzenegger est vraiment démesurée, car tout jeune, il se sentait américain et a tout fait pour être riche et célèbre, quitte à paraitre sans pitié envers ceux qui se mettent en travers de son chemin. Un passage fait presque froid dans le dos, c'est celui où son frère et son père meurent dans un intervalle assez court, et étant déjà en Amérique, il refusera d'aller à leurs enterrements, de peur que ça n'entrave sa soif de réussite.
Finalement, sa naturalisation américaine, survenue en 1983, n'est qu'une suite logique d'évènements où Schwarzenegger se sentait profondément américain, et non pas autrichien.

Une grande partie du livre est consacrée à sa carrière dans le culturisme, où il ne cessera de battre des records, tout en admettant qu'il a pris des substances dopantes, alors autorisées dans les années 60. En fait, il a même un amour démesuré pour ce sport, car il est celui qui va constamment se mettre en avant pour promouvoir ce sport, car les gens n'y voyaient aucun intérêt à se mettre seulement en slip devant des milliers de personnes.

Le cinéma est aussi présent, et c'est là que le bat blesse, car c'est plus survolé qu'autre chose, quand ce ne sont pas des anecdotes déjà connues qui reviennent à la surface. Les films évoqués dans le détail sont Stay Hungry, Conan le barbare, Terminator, Jumeaux, Total Recall et La fin des temps (!). Le reste n'est que partiellement évoqué (rien ou presque sur Commando), voire il n'en parle pas (des films entiers sont ainsi rayés de son parcours) ; peur de mal parler de ses partenaires ? Oubli involontaire ?
Il y a quelques anecdotes savoureuses sur John Millius, Bob Rafelson, James Cameron ou encore Grace Jones (qu'il ne supportait pas), sans oublier sa liaison adultérine avec Brigitte Nielsen. Si il y a un seul moment où il est franc, c'est sur le choix de Paul Michael Glaser en tant que réalisateur sur Running Man, choisi parce qu'il était le seul libre du moment, peu importe qui il était !
Contrairement au passage sur le culturisme, son amour du cinéma ne parait pas si fort, et que ce n'est qu'une étape de plus pour devenir riche et célèbre, et surtout, ce qui revient constamment dans le livre, détenir du pouvoir.

Ce qu'il fera en 2003 en devenant gouverneur de Californie deux fois de suite, où là, la passion semble l'emporter, et il est très précis dans ses souvenirs (la période est aussi plus proche), tout en ayant toujours un sentiment qui a l'air de l'enrager ; il ne peut pas se présenter à la présidence, car il n'est pas né sur le territoire américain.

Ses amours, peu nombreux, sont aussi évoqués, et ce livre est aussi un chant d'amour à son ex-femme, Maria Schriever, et à ses quatre enfants, et il regrette profondément sa liaison avec sa femme de ménage, avec qui il a eu un enfant, constatant que c'est le plus grosse erreur qu'il ait jamais faite.

Si j'ai bien aimé lire le bouquin, surtout sa première vie dans le culturisme, le côté cinéma est vraiment décevant, car vraiment trop légèrement survolé. Par contre, on peut voir dans ce texte le parcours type du rêve américain.
Quant à la soif de pouvoir, elle est évoqué de différentes manières ; en parlant de ses cachets dans ses films (où au début, il a multiplié par deux ses tarifs, jusqu'à atteindre 35 millions de $ pour Terminator 3), son amitié avec des économistes ou des hommes puissants, sa longue carrière dans l'immobilier parallèlement à celle de culturiste puis d'acteur. Désormais, débarassé de son costume de gouverneur, il est revenu en tant qu'acteur, et on peut y lire une forme de modestie, car il a l'air de se rendre compte que son époque bénie est désormais terminée.

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