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Étrange roman que Truismes. J'ai conscience qu'une telle accroche ne parait ni vraiment originale, ni fort significative, et pourtant c'est ce qui s'impose immédiatement à moi. L'oeuvre de Marie Darrieussecq bouscule de fait fortement tout ce qui peut définir un roman, avec plus de force que beaucoup d'autres qui l'ont bien plus revendiqué.

C'est l'histoire d'une métamorphose. Est-elle réelle ou fantasmée ? Si la réponse parait évidente à la lecture, en y repensant, elle ne l'est pas tant. Une jeune demoiselle fait ses débuts dans le monde. Usée et abusée, abuseuse et désabusée, l'identité la fuit, au point de perdre son humanité même. Mais enfin, est-ce si mal que cela d'être une truie ?

Dans la continuité de l'immense tradition des métamorphoses, anthropomorphismes et autres joyeusetés qui oscillent entre l'humain et l'animal (on pensera surtout assez clairement à Kafka), Truismes perturbe par son style et son format. Le récit, présenté comme la mise par écrit a posteriori des événements par la protagoniste, se perçoit bien plus comme un stream of consciousness, technique qui a ici de particulier que la psyché de la protagoniste se modifie sans cesse, en fonction de ses transformations hésitantes. Mais il faut assez longtemps pour commencer à percevoir les nuances du livre : si on comprend assez vite qu'il est question de corps social, c'est seulement à travers les différentes rencontres, à différents stades de la transformation (vers la fin surtout), que le propos du roman se déroule réellement, et invite à une relecture (ou à tout le moins à un réinvestissement de la lecture initiale) interprétative. Cet effet de double-détente donne beaucoup d'épaisseur à l'oeuvre, je trouve, et même si j'ai pu être un peu dérangé lors de ma lecture par des procédés un peu trop évidents et une apparente redondance des rebondissements, j'en suis sorti avec une impression de complétude qui me fait réaliser que Truismes a été élaboré avec beaucoup de soin.

Certainement pas une lecture pour tout le monde (autant à cause de la crudeur qui en rebutera plus d'un que par la nécessité de dépasser la lecture au premier degré), Truismes innove et suscite la réflexion, et c'est finalement ça qui fait que c'est cool.

Antevre
8
Écrit par

il y a 4 ans

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