la faiblesse des détails

Avis sur Un travail comme un autre

Avatar Moizi
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En fait tout s'explique simplement. Je n'avais pas vu que c'est une femme qui avait écrit ça... Je pense que tout est dit, voilà pourquoi il n'y a aucune prise de risque, voilà pourquoi il y a cette incapacité à retranscrire la noirceur humaine, voilà pourquoi c'est plat et sans talent aucun...

Ce Roman totalement bienpensant est assez exaspérant, parce que c'est écrit sans style aucun. Peut-être qu'il s'agit de la traduction, mais on ne m'a pas donné l'opportunité de le lire en anglais... Je veux bien lire des trucs hyper détaillés, que Proust que me raconte pendant des pages comment il attend sa mère bien sagement tous les soirs dans son lit afin qu'elle vienne l'embrasser... Et ceci pour deux raisons, c'est universel, mais surtout c'est très bien écrit. Les deux vont de pair.

Ici l'auteur montre son incapacité à parler de la vraie vie, de l'incarcération... Et j'ai encore une fois l'impression de voir un synopsis pour un futur film à Oscar... Un portrait de l'Alabama des années 20 diraient les critiques... Un portrait anachronique oui. Notre héros bat sa femme, mais c'est un bon gars malgré tout, tous ses problèmes de couple se règlent en même temps que l'argent finit par rentrer... (Jusqu'au tournant du livre annoncé dès le début façon tragédie...) c'est ridicule, j'ai tellement l'impression de voir un mauvais film académique avec grand un : l'ascension. Grand deux : la chute... Youpi, retour au lycée.

Le personnage ne s'exprime pas comme un paysan de l'Alabama, même un qui aurait lu des livres... On parle de "personne de couleur". Bordel ! Qui croit qu'on disait vraiment ça en 1922 ? Le héros n'est pas raciste pour un sous...

Une vision anachronique qui ne peut et ne pourra jamais convaincre quelqu'un qui a un peu d'expérience de la vie, qui connait la brutalité des rapports sociaux, qui sait ce que c'est que de broire du noir...

Et l'incapacité à parler de la vérité, de la réalité est telle que lorsque le type travaille à la bibliothèque et classe selon la classificarouver... Mais non, c'est juste un énoncé de faits, dits avec une grande froideur...

Même lorsque le héros devient narrateur, quelque chose comme un chapitre sur deux, le bouquin ne quitte jamais sa monotonie...

Le livre ne dit jamais pourquoi je devrais m'identifier, m'intéresser à ces gens. C'est écrit sans talent donc forcément il devrait y avoir autre chose à me proposer...

Bref, il va falloir comprendre que oui les détails ça va permettre de s'identifier, d'imaginer, mais qu'il faut savoir les décrire, les donner... sinon on a juste une suite de mot aussi vide et plate qu'un article encyclopédique... Sauf que là l'Encyclopédie est fausse... Tronquée par une volonté abusive de faire de ce héros une sorte de pas si mauvais gars, au lieu de lui faire embrasser le médiocrité universelle du genre humain.

Et en prison, faut pas me dire que le plus intéressant c'est de classer des bouquins ?

Bref, circulez, il n'y a rien à lire... Un truc aussi vide et plat que tous les mélos cinématographiques se passant en prison que peut nous pondre Darabide avec ses évadées et autres ligne caca d'oie...

Du temps perdu... Remboursez-moi ma vie...

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