Du grand Minier à la sauce américaine

Avis sur Une putain d'histoire

Avatar Sir_Malcolm_J
Critique publiée par le

Ce thriller haletant est en rupture avec les 3 premiers de l'auteur puisque ce dernier se déroule aux États-Unis avec de nouveaux personnages locaux, sans le célèbre commandant Servaz. Cette innovation apporte de la fraîcheur et une histoire décomplexée. Le style poétique et descriptif très précis reste égal à celui que l'on connaît de cet auteur. L'intrigue est lancée comme à l'accoutumée à grande vitesse. Le lecteur apprend à connaître les habitants insulaires et leur complexité croissante est joussive. Jusqu'à un certain point seulement. Car à compter de la scène épique autour de la maison de Henry puis la suite dans les 100 dernières pages, un sentiment surréaliste apparaît au détriment de la cohérence qui avait rendu l'ensemble très efficace. Le final est trop rapidement traité et laisse un arrière-goût d'inachevé et de décalage.
Suite au précédent "N'éteins pas la lumière", il est à noter que les thèmes de la relation d'emprise et des troubles graves de la personnalité forment une récurrence marquée chez Bernard Minier. La question de la genèse des déviances menant au crime apporte à nouveau un relief psychologique fort appréciable, dont la marque de fabrique fait de cet auteur de polars français, un très grand écrivain.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 209 fois
Aucun vote pour le moment

Autres actions de Sir_Malcolm_J Une putain d'histoire