Vox m'a rappelé à quel point j'aimais la dystopie. Révoltant, ce récit m'a prise aux tripes !

Avis sur Vox

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Un bon pressentiment

Quand j’ai découvert le synopsis de Vox, j’ai su que ce livre était fait pour moi. Déjà, parce que j’adore la dystopie. Ensuite, parce que l’idée même que les femmes ne puissent plus s’exprimer librement me révoltait !

Bien sûr, j’ai pris du retard dans mes lectures, n’ai acheté ce one-shot que quelques mois après sa sortie, mais, mais, mais… J’ai profité du Pumpkin Autumn Challenge pour me lancer, et je ne regrette pas. Vous êtes prêts ? Car j’ai beaucoup de choses à dire !

Sans transition ?

Je me souviens avoir eu un peu de mal à m’habituer à la plume de l’auteure – ou de la traductrice. En fait, les premiers chapitres nous projettent directement dans les pensées de l’héroïne, Jean, et celles-ci ne sont pas toujours très ordonnées.

À sa manière, Jean nous relate comment la situation a progressivement dégénéré, comment le gouvernement a convaincu le grand public de museler les femmes afin qu’elles occupent la place que Dieu leur a offerte au sein de la société. Mais pas seulement ! Ses réflexions politiques se mêlent à d’autres sujets : l’éducation de ses enfants, et notamment sa benjamine Sonia, la relation qu’elle entretient avec son mari, ses précédentes recherches en neurosciences, ses souvenirs de Jackie, une amie militante qu’elle n’a pas revue depuis des années, etc.

Bref, un conseil : soyez concentrés pour débuter Vox. Parce que ça en vaut la peine ! Même si l’esprit de Jean est un bel imbroglio, ce que l’on en retire est véritablement passionnant.

Épouse, mère, scientifique… mais avant tout, femme !

Vous l’aurez compris, Vox utilise le regard de Jean sur la situation pour rappeler quel droit les femmes ont perdu : celui de s’exprimer. Et le quotidien prend alors un tout autre sens. Comment peut-elle communiquer avec son mari et ses enfants ? Pire encore, comment peut-elle exiger de sa fille qu’elle grandisse sans prononcer plus de 100 mots par jour ? C’est inconcevable !

C’est donc à une révolte muette que nous assistons, une révolte que d’autres femmes ont pourtant abandonnée. Certaines sont même prêtes à vivre de cette façon, adhèrent aux idées transmises par le gouvernement, comme si on leur avait lavé le cerveau. Mais pas Jean. Non, elle maudit tous ces gens qui l’ont réduite au silence et ceux qui n’ont rien fait pour les empêcher, elle y compris ! En effet, elle n’a jamais pris part aux manifestations, n’a jamais protesté avec véhémence face à cette montée au pouvoir du parti extrémiste.

C’est là la leçon que Christina Dalcher souhaite nous donner : il est important de se battre pour ses droits, pour les conserver. Surtout, il faut arrêter de croire, comme Jean, que d’autres le feront à notre place. Ça m’a clairement fait réfléchir, voire même donné envie de m’investir davantage dans mes choix électoraux.

Quoi qu’il en soit, je prie pour que Vox demeure à jamais une fiction…

Dystopie, politique et sciences

Si Jean désespère de voir les choses changer, elle refuse d’abandonner tout espoir. Une opportunité s’offre bientôt à elle, celle de retrouver la parole en acceptant de soigner le frère du président, sujet à des troubles neurologiques. Mais va-t-elle la saisir ? Mènera-t-elle la rébellion, juste parce qu’elle en a le pouvoir ? Non, ce n’est pas si simple. Et, alors que je voyais le scénario se dérouler sous mes yeux, l’auteure m’a surprise. En vérité, elle n’a pas cédé à la facilité, et je l’en remercie !

Alors, si vous avez l’impression que l’intrigue ne tient qu’à un fil, détrompez-vous ! Plus les pages défilent, plus les événements gagnent en crédibilité, en réalité même. L’engrenage n’est pas bien complexe, mais il est diablement efficace. En remportant de petites batailles, en répandant ses idées, en convertissant une, deux, trois personnes de plus, l’ennemi a enfin atteint son but ! Le pire, c’est qu’il croit en ses idéaux, et j’étais presque tentée de l’imiter, tant les arguments avancés paraissent… sensés ? C’est du moins le cas quand on les insère dans un monde en crise.

Bref, c’est subtil, c’est insidieux, c’est nuancé ! J’ai rarement vu une intrigue aussi bien ficelée, aussi bien construite.

Prise aux tripes

Même si sa préoccupation première est de dénoncer les travers de la société, Christina Dalcher s’intéresse également à la vie de ses personnages. Entre réflexions politiques et explications scientifiques, viennent se glisser des questions plus personnelles. Des drames familiaux. Des injustices.

On assiste ainsi à la lente destruction du mariage de Jean, qui refuse la passivité de son époux, aux disputes avec son fils aîné qui semble complètement endoctriné, aux ravages que causent les autorités en envoyant de force hommes et femmes dans des « camps » parce qu’ils ont péché. Et si, malgré tout, il y avait encore de la place pour l’amour ?

Voici la plus grande force de ce one-shot : des émotions, de toutes sortes, de toutes intensités. Croyez-moi, il est impossible de rester insensible ! Pourtant, Jean n’est pas l’héroïne parfaite ; tantôt forte, tantôt fragile, elle se sent dépassée par les événements et est capable de changer d’avis en un claquement de doigts. Mais c’est justement ce qui l’a rendue plus humaine, et donc plus attachante, à mes yeux.

Un final explosif, malgré quelques défauts

Oui, je vais émettre un bémol ; le dénouement m’a paru un peu brouillon. C’est d’ailleurs ce que la majorité des chroniques reprochent à Vox. Et je les comprends, car moi aussi je me suis sentie perdue, par moments, surtout lorsqu’il était question de neurosciences.

Alors, c’est sûr, les enjeux sont immenses et Christina Dalcher a tissé une toile tellement complexe que certains fils ne peuvent que nous échapper, néanmoins… Elle n’a pas hésité à utiliser quelques pirouettes, à emprunter quelques raccourcis pour conclure son histoire. Était-ce vraiment nécessaire ? Peut-être, peut-être pas. Heureusement, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai ressenti durant ma lecture.

Grâce à ce roman, j’ai d’ailleurs signé mon dernier coup de cœur de l’année 2019 !

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