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Zen et arts martiaux par gowan2

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Les rapports entre Zen, arts martiaux et pensée chinoise

Nous avons décidé de rechercher les points communs entre les arts martiaux et la pensée chinoise. Et il s’est avéré que ceux-ci sont très nombreux, la base de tous les arts martiaux reste la même. Elle s’appuie sur le Zen, mot très mal interprété en Occident où l’on considère les arts martiaux comme un sport, dégradés par un esprit de compétition, par l’individualisme et par une conception basée sur un ego qui récupère tout pour lui.

L’esprit du Zen fut introduit au Japon dans un pays avant qu'il soit déchiré par la guerre civile, celle-ci étant devenue une occupation habituelle. Ce fut le génie zen de transformer les techniques brutales en arts qui ne se souciaient plus seulement de l’efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même.

Toutes ces techniques devinrent des méthodes d’amélioration spirituelle. Le sabre, l’arc et la flèche devinrent des supports de méditation. Ce combat devint un combat spirituel, l’ennemi fut découvert en soi-même, dans les illusions de l’ego qui nous empêche de voir notre vraie nature.

Sous cette influence naquit le bushido, code d’honneur qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. De telle façon que le zen devint cette voie d’éveil appelé « la religion des samouraïs ».
Nous allons donc examiner les détails de cette religion, qui par bien des points, nous rapproche de la perception chinoise.

Par quel moyen peut-on devenir fort et sage ?
Au Japon, on s’y applique par la pratique des arts martiaux et par la voie du zen. Le Budo, voie du guerrier regroupe l’ensemble des arts martiaux japonais.
Il a approfondi les relations existantes entre l’éthique, la religion et la philosophie. Les samouraïs ont puisé dans différentes éthiques religieuses les différents principes susceptibles de les aider à fortifier leurs âmes, cela pour compléter les directives essentiellement pratiques et tactiques de leur code.

Le bouddhisme a donné aux samouraïs un idéal de sérénité, de confiance dans le destin et un apaisement des sentiments. Il lui a appris par dessus tout à ne pas craindre la mort, à la dédaigner.

Do, comparable au Dao dont relève la pensée chinoise, est la voie, la méthode, l’enseignement pour comprendre parfaitement la vraie nature de son propre esprit, de son moi.

C’est la voie du Bouddha, « Butsu Do » qui permet de découvrir sa nature originelle (on pourrait le comparer au « connais-toi toi-même » de Socrate).
En Asie, cette voie est devenue la morale la plus élevée et l’essence de toutes les religions et les philosophies. On peut oublier son corps et son esprit personnel, atteindre l’esprit absolu, le non-ego.
L’ego est le petit moi, possessif, limité qu’il faut détruire dans la mesure où il est fait d’illusions alors que chacun tend à lui attribuer une réalité véritable.

Il s’agit d’harmoniser, de fusionner le ciel et la terre en abandonnant l’égoïsme. L’esprit et le corps ne sont ni dualistes, ni opposés mais forment une unité sans séparation. Le Zen, vrai et profond silence, habituellement traduit par concentration, méditation sans objet, signifie l’effort de l’homme pratiquant le Zazen. Effort pour atteindre le domaine des pensées sans discrimination, la conscience au-delà de toute catégorie. Il s’agit de revenir à la pure condition normale de l’homme dans une posture particulière. Le non-agir spécifique à la Chine recherche également un état originel perdu dès la naissance.

Zazen signifie se fixer au centre de l’ordre de l’univers, du cosmos. Par sa pratique, à travers tout notre être entier, nous existons au centre du système cosmique. C’est la plus haute dimension que nous puissions atteindre. Cette vérité ne peut être atteinte à travers un système purement matérialiste ou purement spirituel. Bouddha tendait à ce comportement juste, qui est le plus haut idéal de l’humain.

L’intuition et l’action doivent jaillir en même temps. Il ne peut y avoir de pensée dans la pratique du Budo. Quand on agit, l’action et l’intention doivent être simultanées. Si l’on hésite, seul le cerveau frontal entre en action. Or, cerveau frontal et action doivent coïncider au même instant identique. L’intuition est essentielle, corps et conscience s’unissent, on pense avec le corps en entier. L’esprit, la technique et le corps doivent être unis, c’est leur parfaite union qui créé l’acte juste.

Il ne faut pas rêver sa vie mais être complètement dans tout ce que l’on fait. L’esprit du zen et du Budo tend à cela : ce sont des sciences du comportement. Rien à voir avec l’imagination qui transforme le monde, comme dans beaucoup de religions. On doit vivre le monde avec son corps, ici et maintenant, et complètement se concentrer sur chaque geste.

La civilisation moderne en est décalée, dès l’école, on nous coupe de la vie pour faire de la théorie. On sépare la vie pratique et la vie réelle. Cet esprit rejoint le processus d’apprentissage de la philosophie chinoise issu du vécu.

Une troisième conception de l’univers serait la fusion de deux visions spirituelles et matérialistes, pas un mélange, pas un juste milieu, mais une profonde harmonie, car esprit et matière ne sont pas séparés, ils sont interdépendants comme dans l’être humain.

Les pratiquants du zen considèrent qu’en Europe, les philosophes auraient essayés de réaliser cette fusion de l’esprit et de la matière, mais à un niveau uniquement intellectuel.

Si un samouraï veut avoir des responsabilités en politique, s’il veut diriger des civils et devenir leur chef, il doit réaliser la voie. Ainsi le samouraï ne doit plus seulement être un guerrier mais il doit, en plus du Budo, acquérir une culture intellectuelle sur la littérature, la poésie, l’histoire des civilisations, le bouddhisme, la philosophie chinoise ; le Shinto, la voie des dieux, la culture en général.

Il doit recevoir une éducation civile, ce côté plus féminin doit s’accorder, se mettre en harmonie avec le côté masculin, l’art de la guerre en général. La plupart des samouraïs doivent s’entraîner à la vertu, avoir des qualités nobles, cultiver une personnalité élevée et réaliser la voie. Cette fonction de chef rejoint le pouvoir du souverain en Chine, qui se doit d’accomplir le ren. Il s’agit de se perfectionner soi-même avant d’ordonner son pays.

De même le ki est semblable au qi. Il existe dans les tréfonds de l’énergie physique, activité invisible emplie de l’énergie du cosmos. Il devient l’énergie du corps. C’est l’existence qui créé l’énergie, c’est le mouvement du mouvement, le ki est le flux impalpable de la vie. L’énergie proprement dite est une forme mise en action par le ki. Coïncider avec celui-ci signifie ne faire qu’un avec cette énergie fondamentale.

J'en passe, et des meilleures. Bien plus accessibles que le traité des cinq roues de Miyamoto Musashi.

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