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Zombies par Diothyme

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Los Angeles, dans les années 80, des couples qui se déchirent, qui font l'amour, dans toutes les configurations possibles, des jeunes qui se droguent, qui flirtent, qui meurent. L'auteur nous offre treize points de vues d'autant de personnages, qui se croisent dans cette ville ensoleillée. La plupart sont très aisés et roulent en voitures de luxe, ils sont souvent beaux, et connus, mais ce n'est pas le cas de tous. Les étudiants sont pour la majorité à l'Université de South California (USC) où la cocaïne coule à flot au son de la musique rock. Les femmes sont prêtes à tout pour se faire aimer d'un riche producteur ou d'une star montante, leur corps n'étant qu'un appât pour parvenir à leur fin. Les seules nourritures consommées sont allégées, car dans cette ville de Californie, il faut respecter le diktat de la Beauté, tout le monde est blond et bronzé, usant et abusant des salles de sport et des cabines d'UV. Les seuls autres en-cas autorisés sont les petites pilules dont la vente explose à cette époque, nouvelle drogue chérie des épouses délaissées et autres nouveaux dépressifs. Tous sont blasés, rien ne peut les faire réagir, la mort d'un ami, les éternelles tromperies d'une épouse, le départ de l'être aimé, les malheurs coulent autour d'eux sans les atteindre, comme si ils étaient immunisés à la vie. Autres personnages marquants, les vampires, il ne s'agit pas de simples gothiques trop portés sur le roman de Bram Stoker, mais de véritable buveurs de sang, qui se repaissent de l'hémoglobine de victimes bien souvent moins effarouchées qu'elles ne devraient l'être. Sans repères, et surtout, sans limites, ils avancent à l'aveuglette dans un monde qui les dépasse, et dont ils n'ont que faire. Le point commun entre les treize personnages du roman, mis à part leur localisation... ils n'ont pas d'âme.

Le procédé stylistique des tranches de vie contées, sans aucun scénario prédéfini est intéressant et original, mais pas tellement novateur, cependant, ce n'est pas ce que je reprocherai à ce roman. La critique des années 80 est très pertinente, peut-être que cette période a été "le début de la fin" en ce qui concerne l'individualisme ambiant. Toutefois, je déteste l'énumération de marques de soda et de médicaments, j'ai l'impression de lire un prospectus publicitaire pour produits light et pharmaceutiques. C'est une des difficultés des livres de satyre sociale. J'ai beaucoup aimé le huitième chapitre, lettres de Los Angeles, où la jeune protagoniste, Anne, qui vient de débarquer à Los Angeles, de son Camden natal, écrit des lettres sans réponses à Sean, un garçon dont elle est amoureuse. Le personnage me fait penser à Laura Palmer, dans le film de David Lynch Twin Peaks au début c'est une jeune innocente qui est fascinée par la société qu'elle découvre, elle ne sait pas s'en protéger, et trop curieuse, elle goûte à tout les vices que L.A. lui propose et devient comme les autres, drogue, sexe, elle troque sa morale contre une superficialité de mise. La jolie fleur se fane aux rayons du soleil californien. Peut-être qu'Ellis aurait dû plus développer la dégradation qui amène toutes les personnes à perdre leur âme, plutôt que d'en faire le constat final. Le dernier paragraphe traire d'une visite au zoo, où le couple regarde les animaux pathétiques, vivoter dans leur décor en carton pâte, l'homme soutient qu'ils sont heureux, je vois cette scène comme une métaphore qui résume l'intégralité du livre. Après avoir lu ce premier roman, je vois Ellis comme un auteur ressemblant à Palahniuk mais en mieux, la provoc' est moins gratuite, et le style plus abouti. Cependant, au delà de la critique sociale, Zombies n'est pas ce que l'on peut appeler un grand livre. Je lirai quand même American Psycho il vaut le coup à ce que l'on m'a dit.

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    Livres qui étaient mieux quand on avait quinze ans... (ça ne veut pas dire que je ne les apprécie pas, attention!)

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