S'il fallait un exemple de l'arnaque que sont devenus les prix littéraires, "Cérémonie d'Orage" ferait figure de modèle parfait. Un roman queer, qui surfe sur les préoccupations écologiques du moment, on se demande presque comment il a pu passer à côté de la victoire. Spoilers : ce n'est pas très pas très bien écrit et c'est surtout plein de vide.
Relecture lesbien du Roi Lear dans lequel 3 soeur lesbiennes se retrouvent après la mort de leur père, architecte de génie mais patriarche absent voir tyrannique et égoïste, le tout dans un Londres arrosé d'une pluie permanentes et en proie à des inondations monstrueuses. Tout ça pose au départ un cadre plutôt intéressant. Sauf que très vite, le roman n'a pas grand chose à raconter.
Les personnages ne sont pas très bien écrit et peinent à intéresser le lecteur. Honnêtement, on s'en branle de leur vie amoureuses, d'autant plus que celle ci n'a rien de passionnant et que l'auteure ne fait pas grand chose pour améliorer cet aspect. Les 3 soeurs n'ont pas beaucoup de personnalités et passent leur temps à s'engueuler pour tout et pour rien, ce qui finit par être tres gonflant sur la longueur. Elles ressassent leurs souvenirs tout aussi emmerdants, vivent leur petite vie quotidienne ultra chiante pendant que de temps à autre, l'auteure se rappelle qu'il y a un background sf catastrophe à développer.
C'est d'autant plus dommage que ce futur en proie aux inondations ne prennent pas plus de place, parce que les quelques éléments disséminés ici et là semblent plutôt intéressants et il y avait de la matière (en tout cas plus que la vie personnelles des 3 goudous).
250 pages de vides et d'ennuis, jusqu'aux dernières pages qui me laissent encore perplexes. C'est un virage à 180°, c'est presque un autre roman qui s'ouvre alors. Ok, ça explique quelques éléments bizarre de l'intrigue mais c'est pas comme si ces éléments étaient nombreux et vraiment importants, on s'en foutait un peu dans le fond. D'un coup, ça devient un truc quelque part entre le Mother de Aronovski (vous savez, cette métaphore pachydermique de l'écriture par un cinéaste tout aussi peu subtil), Rosemary's Baby et Hérédité. J'avoue que je n'ai absolument pas compris où voulait en venir l'auteure et qu'à ce niveau, j'en avais pas grand chose à foutre. L'ensemble est en outre plombée par une écriture des dialogues à la limite de la catastrophe.
Comment ce roman a pu être choisi pour faire partie des lauréats d'un prestigieux prix de littérature SF, je ne saurais l'expliquer (si ce n'est pas par la fâcheuse impression qu'on récompense désormais plus