Il fut un temps où je collectionnais les « Prix du Quai des Orfèvres » ! Pourquoi ? Parce que…
Le Prix du Quai des Orfèvres, créé en 1946, récompense un manuscrit inédit de polar écrit par un auteur fréquemment issu du milieu de la police. Le roman primé est sélectionné parmi les quelques 80 manuscrits reçus en moyenne chaque année par le secrétariat général. Le jury de 22 membres, composé de policiers, magistrats, avocats et journalistes, est présidé par le directeur de la PJ de Paris. Il couronne généralement des ouvrages où l’authenticité prime et où le « vécu » transparait.
Le Prix 2023 a distingué « Fils de personne » de Jean-François Pasques. Chimiste de formation, puis, manquant d’espace, pêcheur de langoustine en mer d’Irlande, il est entré dans la Police Nationale, un peu par hasard. Seize années plus tard, il est convaincu d’avoir trouvé sa place dans un monde en perpétuel mouvement en donnant du sens à sa vie. Après une dizaine d'années à Paris, notamment à la Section Criminelle de la 1ère DPJ, il travaille désormais à Nantes en Sécurité Publique, avec le grade de capitaine.
« J’ai un métier où mon ordinaire, c’est l’extraordinaire du citoyen. Je rencontre tous types de personnes, de lieux, d’atmosphères. Je vois de belles façades, mais j’y entre par les coulisses. Donc, je n’ai pas besoin d’imagination pour écrire. Au contraire, je dois restreindre la réalité pour rester crédible. »
Donc, après un bouquin « prise de tête » ("Néandertal à la plage"… j’avais oublié le parasol !) j’ai voulu récupérer quelques neurones à bout de souffle avec un bouquin « récréation » …
Pof, Pof, Pof ! Fils de personne n’est pas si récréatif que ça !
Nous voilà plongés dans au cœur de la 1ère DPJ, à Paris, en témoin indiscret des faits et gestes du commandant Julien Delestran et de son inséparable lieutenant Beaumont (dite, "ma petite Victoire").
Je crois que J.F. Pasques s’y reconnait tout à fait !
Et alors qu’ils n’arrivent pas à se dépatouiller de trois enquêtes de "disparitions inquiétantes", trois nanas, trois mères de famille, sans lien entre elles, bien sous tous rapports, qui, du jour au lendemain, à quelques semaines d’intervalles, ont disparu, sans raison apparente, sans demande de rançon, voire sans emporter téléphone, carte bancaire etc…
Donc, comme ça arrive dans la vrai vie, en plus de ces trois "baladeuses en cavale", on signale à Delestran un cadavre tout frais sorti d’un basin du jardin des Tuileries – tu parles d’une tuile ! – lequel, déguisé en clochard, avait oublié téléphone et papiers d’identité dans sa tenue de ville… à moins qu’il soit vraiment de la cloche… Pas grand-chose à se mettre sous la dent, comme d’habitude !
Et là, on va suivre le lent et méticuleux travail des enquêteurs pour découvrir les pistes, les identités, les liens… La procédure, l’inspiration, l’intuition, les vérifications, les moyens techniques et l’opiniâtreté… On est quand même dans un livre, tout fini par s’expliquer ! On arrive même à avoir des doutes, voire des traits de génie, AVANT le commandant ! Qu’est-ce qu’on est fort, quand même !
Si vous avez lu la quatrième de couverture, vous savez qu’il y a une histoire d’enfants nés « sous X » ou d’accouchements « sous X ». Ce n’est pas un secret de dire que c’est là, le thème central abordé par l’auteur : les conséquences que peuvent engendrer une naissance « sous X ». Bien sûr, ici, elles peuvent nous paraître excessives mais, en fait, rappelons-nous la citation de l’auteur : « Je dois restreindre la réalité pour rester crédible. »