Pas d’étoffes chatoyantes, précieuses et travaillées pour parer l’épiderme. Pas de tapisseries ou d’objets d’art pour dilater les pupilles. Pas de bijoux scintillants pour assiéger les doigts. Gervaise est l’une de ces travailleuses au cœur généreux, nourrie d’une simplicité altruiste et désintéressée. Ayant pour seules ambitions de trouver un emploi honnête et un mari attentionné, celle-ci se heurte à la réalité du prolétariat parisien. Entre adultère, alcool et violences, l’enfer encrasse cet ouvrage où Zola expose l’évolution puis la ruine de la jeune femme, malmenée par tout ce qui correspond aux vices les plus profonds de la classe populaire. Cette misère ouvrière que certains organes de presse ont par le passé occulté en restreignant la publication de l’ouvrage au grand public a permis de libérer les consciences assoupies et casser un secret de Polichinelle que les élites auraient bien contenu. Par un élan providentiel, Zola qui se réclamait par l’exposition franche des faits, de l’air, de la lumière et de l’instruction pour les basses classes, verra finalement la bourgeoisie et les milieux conservateurs abdiquer, le livre étant propulsé comme un ouvrage de référence du déterminisme de l’hérédité et du milieu social.