L’enfant de février, Alan Parks, Rivages/Noir (traduit par Olivier Deparis)
Février 1973, le corps d’un jeune footballeur du Celtic de Glasgow est retrouvé affreusement mutilé sur le toit d’un immeuble en construction. Le jeune homme devait épouser la fille d’un caïd de la ville. Très vite les soupçons pèsent sur l’un des ex-sbires dudit caïd. C’est à une véritable chasse à l’homme que se vouent l’inspecteur Harry McCoy et son adjoint Wattie.
Glasgow n’est pas joyeuse en hiver, il pleut beaucoup, il fait froid et le crime sordide n’illumine pas les humeurs des policiers. Qu’il est noir ce roman, brumeux, poisseux ! C’est tout un pan du passé douloureux d’Harry McCoy qui est révélé et les conséquences sur son caractère, ses comportements. Rarement j’ai rencontré un flic aussi perdu : alcoolique, drogué, avec des fréquentations criminelles qui le desservent auprès de sa hiérarchie. Et lorsqu’Alan Parks donne des éléments de son passé, pas mal de choses s’expliquent.
Ce qui est très bien dans ce roman, en plus de la densité de son personnage principal, c’est que ce deuxième opus de la série ne ressemble pas du tout au premier intitulé Janvier noir. Les personnages évoluent, leurs rapports changent et l’intrigue est très différente, McCoy semblant subir davantage les événements que les anticiper. Comme celle-ci est très liée aux violences dans les foyers d’enfants dans les années 50/60 et qu’elle touche donc McCoy de plein fouet, lui qui a grandi dans ces lieux, il ne parvient pas à s’en détacher. Il faut dire que ce que raconte l’auteur est d’une violence inouïe : les coups, les viols d’enfants par des notables, la violence entre les jeunes pour survivre… C’est franchement très noir et très réussi. Une série excellente qu’il me tarde de retrouver. Prochain épisode au mois de mars 1973.