Une idée suffit-elle à faire un livre? Bien sûr que non! Et pourtant à la lecture de l'immeuble Yacoubian, rien n'est moins certain.
L'auteur, en faisant tenir dans un même immeuble les différentes couches de la société égyptienne, nous dresse le portrait de son pays, loin des pyramides, des danseuses orientales et des vendeurs de chameaux (merci!).
Il est ici question des gens, du "petit peuple", de la jeunesse de ce pays que notre "grand président" aimerait voir siéger au conseil de sécurité des Nations Unies. Alaa El Aswany ne nuance pas, et ce n'est pas le but, car ici tout est dans l'histoire. On suivra plusieurs personnages, fruits amers du mal du pays: la corruption (on appréciera particulièrement Zaki Bey el Dessouki, vieux dandy architecte qui nous rappellera Albert Cossery, et dont la langue nous incite au voyage et aux rencontres). Le décor est lui aussi vivant, à l'image des voisins, partie intégrante d'un environnement qui nous exalte les sens. La vie d'un bâtiment si vieux, nous fait découvrir le bruit et les odeurs de ce si jeune pays pourtant millénaire.
On aurait aimé plus de précisions, un point de vue plus critique et plus analytique, mais on laissera ce soin à d'autres. Nous humons le pays et ses caractères, en nous liant aux destins de ses femmes et de ses hommes.
Comme quoi un bon livre, ça ne tient pas à grand chose.