J’ai choisi de parler de L’Oiseau du bon Dieu de James McBride, un roman que j’ai beaucoup apprécié et auquel j’ai mis la note de 8.5 sur 10. Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est le ton : à la fois drôle, décalé, mais profondément engagé. McBride raconte une période sombre de l’histoire américaine — l’esclavage, la guerre de Sécession — mais avec une liberté de ton assez unique, presque burlesque.
Le personnage principal, Henry, est un jeune esclave noir qui se retrouve embarqué malgré lui aux côtés de John Brown, un abolitionniste fanatique. Ce qui est fort, c’est qu’on suit toute cette histoire à travers les yeux de ce garçon déguisé en fille, ce qui crée un vrai décalage, à la fois comique et profondément révélateur.
J’ai trouvé les personnages hauts en couleur, surtout John Brown, qui est à la fois absurde et émouvant. Et même si le récit part un peu dans tous les sens par moments, ça fait aussi partie de son charme : on a l’impression de voyager dans un monde chaotique, mais cohérent dans sa folie.
Ce que je retiens surtout, c’est l’équilibre entre humour et gravité, entre fiction et Histoire. McBride arrive à faire réfléchir sans moraliser, et à émouvoir sans pathos. C’est un roman libre, vivant, original — qui ose, et qui touche. Voilà pourquoi je le recommande vivement.