Ce petit conte très prenant met en avant le rôle de la fatalité mais également le penchant naturel de l'Homme à suivre ses passions et assouvir ses désirs, même lorsque cela va à l’encontre de la raison. Il illustre aussi très bien la variation des poids accordés aux passions et à la raison selon les circonstances : quand il n’y a aucun obstacle extérieur sur le chemin de l’Homme, il suit les premières sans s’imposer à lui-même les limites qui lui permettraient d’obéir à la seconde ; quand son dessein se trouve bloqué, la raison est recouvrée et le regret d’avoir suivi ses désirs est formulé, jusqu’à ce que les difficultés cessent. Cet aspect du conte fait écho à une phrase de Pot-pourri (de Voltaire toujours) « Vous n’avez qu’à regarder une girouette ; elle tourne tantôt au doux souffle du zéphyr, tantôt au vent violent du nord : voilà l’homme ». Ainsi, bien que l'Homme soit soumis à la destinée, sa faiblesse — autrement dit son incapacité à contenir ses désirs — et l'exercice même de son libre arbitre apportent aussi leur lot de conséquences malheureuses.