👉 17 juin : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Les Bienveillantes par L'Homme Qui Lit

Publié sur L'Homme qui lit :

Le phénomène qui a entouré ce livre reste assez extraordinaire pour une oeuvre littéraire fraîchement publiée. On en a parlé partout, j’ai lu des critiques dythirambiques un peu partout, et leur radical opposé ça et là. C’est d’ailleurs marrant, ces « pavés dans la marre », qui suscitent soit l’engouement soit un dédain pur et dur, sans jamais finalement susciter d’avis mitigé.

J’ai beaucoup aimé, je ne le cacherais pas plus longtemps. Je ne sais pas trop comment parler de ce livre, c’est assez difficile. On m’a souvent demandé dans le bus, au café, au travail, ce que je pensais de ma lecture : « ahhh, vous avez Les Bienveillantes ! Et bien, alors, c’est comment ? Parce que j’hésite beaucoup… ».

Alors, qu’en dire ? Ce livre est phénoménal, pour sûr. Le sujet, déjà, ne peut pas laisser insensible. Narrer la seconde guerre mondiale du point de vue « des méchants », c’est assez rare pour être relevé. Etablir une oeuvre de fiction construite sur l’Histoire, et pas la plus belle, ce n’est pas rien non plus. On suit ici la vie d’un officer SS jusqu’à la chute de Berlin, sur 900 pages, et parfois ce qu’on lit fait mal.

Je ne ferais que deux reproches à Littell, si je peux me permettre. La première, est particulièrement pénible dans la progression de la lecture au départ, c’est l’emploi de germanisme : les grades, les ministères, les tactiques, … tout est en allemand dans le texte, et le lecteur est prié de se reporter en fin d’ouvrage pour comprendre. Au départ, c’est assommant, on tient 900 pages à bout de bras, on est vite lassé de chercher à la fin. Mais passé un certain cap de lecture, on se familiarise avec le tout. Le second point, c’est que dans la vie du Dr Aue (le personnage principal) tout n’est pas rose. Il est un peu psychopathe sur les bords, et quand Littell se lance dans 20 pages de délire sexuel et psychotique, je vous assure, il faut tenir le cap.

Le tout se lit pourtant très facilement, et le roman crée une sorte de fascination assez étrange, je lisais dés qu’il m’était possible de lire, partout et en tout temps. On ne se sent alourdi par le récit que lorsqu’il digresse un peu. D’un point de vue historique, ma culture générale ne me permet pas de remettre en cause les éléments cités dans le livre, mais je trouve l’ensemble merveilleusement documenté. Une amie m’a laissé entendre que Littell s’était fasciné sur le sujet : je n’en doute absolument pas.

Si vous aimez lire, si vous avez de la patience et de la force dans les bras, lancez-vous dans la lecture de cette oeuvre singulière, parfois glassante d’effroi, toujours intéressante, étrangement fascinante. J’ai encore le souvenir du soir où j’ai achevé la lecture de ce roman : je suis resté interdit pendant un bon quart d’heure, comme sonné, à me dire « c’est terminé, réveille-toi, ce n’était qu’un livre« . Comment mieux illustrer que ce roman m’a pris corps et âme pendant toute sa lecture ?

HQL
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Ma bibliothèque et Les livres les plus souvent offerts

il y a 11 ans

13 j'aime

3 commentaires

Les Bienveillantes
Kalimera
8

Critique de Les Bienveillantes par Kalimera

Il m'aura fallu une deuxième lecture et un peu de courage pour parler....de ce roman ? de cette compilation d'horreurs sans noms ? de ce témoignage ? Mon premier choc, pour parler de cette période a...

Lire la critique

il y a 10 ans

21 j'aime

18

Les Bienveillantes
HQL
9

Critique de Les Bienveillantes par L'Homme Qui Lit

Publié sur L'Homme qui lit : Le phénomène qui a entouré ce livre reste assez extraordinaire pour une oeuvre littéraire fraîchement publiée. On en a parlé partout, j’ai lu des critiques...

Lire la critique

il y a 11 ans

13 j'aime

3

Les Bienveillantes
Morrinson
6

Réalisme horrifique contre réalisme historique — Deux façons de raconter la Seconde Guerre mondiale

À mi-chemin entre l'œuvre de fiction et le document d'Histoire, Les Bienveillantes plonge dans les rangs allemands durant la Seconde Guerre mondiale et propose un périple "de l'intérieur" au très...

Lire la critique

il y a 6 ans

11 j'aime

2

Le Secret de Brokeback Mountain
HQL
9

Critique de Le Secret de Brokeback Mountain par L'Homme Qui Lit

Ah, qu'il m'en aura fait verser des larmes, ce film. Il en a fait également couler, de l'encre, lors de sa sortie. Film gay ? Pas vraiment. Le secret de Brokeback Mountain fait parti de ces films qui...

Lire la critique

il y a 11 ans

45 j'aime

2

Le Livre des Baltimore
HQL
10

Critique de Le Livre des Baltimore par L'Homme Qui Lit

Publié sur L'homme qui lit : L’ébulition de la rentrée littéraire retombe à peine sur les très ennuyeux prix littéraires, que la sphère culturelle s’agite de nouveau, et qu’un seul nom revient sur...

Lire la critique

il y a 6 ans

27 j'aime

1

Le vent se lève
HQL
8

Critique de Le vent se lève par L'Homme Qui Lit

Le film commence par une séquence forte. On assiste, impassibles, à la mort d'un jeune homme de 17 ans, mort sous coups des soldats de la couronne pour avoir refusé de décliner son identité en...

Lire la critique

il y a 11 ans

25 j'aime