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Avis sur Demain, c’est loin

Avatar Wobot
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Y a de ces morceaux qui s'imposent directement, qui sont évidents dés la première écoute, qui sont fondamentaux, la base de tout... "Demain c'est loin" fait clairement partie de ceux-là!

Comme le dit souvent Akhenaton à propos du morceau, c'est un microscope braqué sur la banlieue, leur vision de la banlieue. 9 courtes minutes où Shurik'n et Chill font un état des lieux sans concessions de leur cité avec son lot de détresse, de haine refoulée, de violence mais aussi d'humour et d'espoir. Ça va du dealer de shit à la mère fatiguée rentrant du boulot en passant par le maire d'arrondissement , presque aucun habitant n'est laissé sur le côté. C'est tout de même terrifiant de savoir que ce constat n'a malheureusement pas pris une seule ride presque 20 ans après...

Les flows sont métronomiques, presque monotones, en concordance parfaite avec le rythme mécanique du quotidien qu'ils décryptent. L'instru est ici secondaire (un simple sample en une boucle de 10 secondes), un support pour laisser le plus de place aux paroles, pour les rendre encore plus percutants qu'elles le sont déjà! L'idée des bruitages en rapport avec le texte donne un cachet ultra réaliste aux paroles aussi.

Contrairement aux apparences, le morceau est doté d'une richesse textuelle inouïe: Shurik'n maniant avec brio l'anadiplose ou encore Akhenaton enchainant les faits cruellement banals à coup de phrases nominales incisives. Toutes ces figures de style ne sont pas jamais là pour l’esbroufe mais ne font que nourrir le propos, encore et toujours...

Maintenant, le rap conscient en France est devenu aussi commercial que La Fouine. Vous voyez ces artistes insupportables nous assommant avec leurs leçons de moral, leur démagogie dégoulinante, leur enfonçage de portes ouvertes, leur flow d'une pauvreté confondante et leur beat tout pété? Pour se décrasser les oreilles, rien de mieux que de réécouter ce chef d’œuvre aussi authentique et sortant autant des tripes de ces auteurs.

La plupart des autres titres de ce genre ont l'air bien fade à côté tellement le résumé que nous offre IAM est ultime et définitif. Une chanson suffit...

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