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Besoin d'aide pour mon mémoire

À propos de Autant en emporte le vent La Poupée de chair Beignets de tomates vertes Retour à Cold Mountain

Bonjour !

Mon précédent post ayant été quelque peu pollué par des débats autour du sujet de mon mémoire, j'en crée un nouveau.

En gros, je travaille sur la représentation de la femme du Sud dans le cinéma américain. Pas besoin d'en savoir plus pour répondre à cette petite enquête :) J'ai donc besoin de votre avis sur quelques scènes de cinéma. Cela n'a pas besoin d'être long, quelques lignes suffisent. Inutile également de commenter toutes les scènes, une seule ce sera déjà très bien.

Autant en emporte le vent: https://www.youtube.com/watch?v=_36zsAP-Wh0 https://www.youtube.com/watch?v=MI3P2B3eAgA (français) https://www.youtube.com/watch?v=aqzh7htXan8 (français)

Baby Doll: https://www.youtube.com/watch?v=1gBX1znpd3k

Cold Mountain: https://www.youtube.com/watch?v=jmpuAz59EbQ

Fried Green Tomatoes: https://www.youtube.com/watch?v=lx0z9FjxP-Y https://www.youtube.com/watch?v=4LaL9XB_Cx4

La question à se poser est simple : quelle image de la femme donnent ces extraits ?

Bien malheureusement, la plupart de ces scènes sont en anglais. J'ai des scènes en français uniquement pour Autant en emporte le vent. Néanmoins, je trouve les images assez explicites. Même sans comprendre l'intégralité des dialogues, je pense qu'on peut saisir l'image de la féminité véhiculée par ces scènes.

Vous pouvez me répondre ci dessous ou par message privé :) Cela m'aiderait vraiment beaucoup ! Bonne journée!

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Avatar Clairette02
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Benalis ·

Quelle image de la femme ? C'est une question très intéressante que tu as là pour ton mémoire. Je pense que c'est un point crucial dans l'histoire créatif du XXe siècle, et un des rares exemples où l'art a participé à changer les mœurs. Et cela n'aurait pas été possible, d'abord, sans l'apport de la psychologie un peu plus tôt, et donc à travers l'influence des romans psychologiques.

La question essentielle à se poser ici, il me semble, c'est : ces films sont-ils des films féministes ?

A première vue, ces femmes sont des femmes fragiles, dociles, évoluant dans un milieu dominé par la volonté (et le désir) des hommes. Or, ce qui est suggéré dans ces extraits, et je crois dans la quasi totalité des films mettant en scène des femmes de cette région (on retrouve le même principe d'ailleurs dans d'autres parties du globe où les droits des femmes sont conditionnés par la prédominance historique des hommes), c'est qu'elles portent en elles toute une révolte contenue, refoulée, qui s'expriment par intermittence à travers des regards, des phrases, un certain dédain ou une méfiance vis à vis des hommes qui ne les considèrent que comme des proies, des accessoires ou leur propriété.

Ce qui explose au regard du spectateur dans ces scènes, c'est cette nécessité pour la femme, en général, de se révolter contre ces machistes qui leur font face. Il n'y a pas de secret, si ces films, et ces scènes, marchent parfaitement pour nous, c'est qu'on y trouve de réels conflits, bien plus sous-jacents qu'il n'y paraît. Ce ne sont pas des conflits ouverts où tout se dit, ou au contraire, la femme obéit en traînant les pieds. Le sous-texte dans ces extraits est prédominant parce que c'est véritablement la condition de ces femmes qui est en jeu, leur révolte toujours refoulée, qu'il appartient alors au spectateur (et aux spectatrices surtout) de s'approprier. Les résultats d'une telle approche (psychologique) au XXe siècle a porté comme on le sait ses fruits car ces œuvres portent en elles les révoltent féministes de ce siècle. Toute la question de l'évidence est essentielle ici, parce que le cinéma joue son rôle d'identification, et au lieu de convaincre par des mots, ou d'imposer des droits, se mettre à la place de ses femmes, en révolte d'abord intérieure avec la pseudo autorité des hommes (toujours présentée de manière excessive, antipathique), permet d'adhérer à la logique de l'émancipation de ces femmes... par évidence.

On a exactement le même souci avec les films traitant du racisme. Les films trop ouvertement conçu pour traiter la question en se positionnant, d'évidence, pour les droits des minorités, seront beaucoup moins efficaces que ceux mettant en scène un conflit d'abord intérieur, faisant vaciller à l'intérieur des personnages une forme d'évidence, qui ne sera jamais que suggérée, et qui s'imposera alors naturellement au spectateur. L'évidence, on le voit bien ici, doit émaner du spectateur même. Le rôle de l'art n'est que de lui suggérer ces idées. Lui imposer cette évidence, ce serait ne pas faire confiance à sa capacité à comprendre, à juger, à s'émouvoir.

(les liens de Fried Green Tomatoes ne marchent plus)

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Clairette02 ·

Merci mille fois pour ton avis bien argumenté et très intéressant. C'est aussi ce qui ressort pour moi de ces extraits, enfin certains du moins. Ces femmes vivent dans des sociétés sexistes, patriarchales, où elles sont des propriétés, des objets sexuels, où elles n'ont a priori pas la parole. Mais toutes, à leur façon, défient l'autorité (Scarlett est tout sauf une femme soumise aux hommes, elle les manipule, elle vient même jusqu'à prendre leur rôle quand elle est à la tête de la scierie de son mari, Ada/Ruby dans Cold Moutain bouleverse la féminité sudiste habituelle, elles s'habillent comme des hommes, ont des armes, défendent leur territoire, ce qui s'est effectivement passé durant la guerre) et les "gender roles" (Baby Doll a une relation purement sexuelle hors du mariage et n'en ressort pas "punie" mais grandie et libérée de son mari). Du coup, merci encore et je vais mettre des liens qui marchent pour Fried Green tomatoes.

J'avoue que j'emploie assez peu le mot "féminisme" dans mon mémoire, si ce n'est pour Fried Green tomatoes qui est un film ouvertement féministe. Ce mot est malheureusement assez polémique à l'heure actuelle, a une très mauvaise image, bref, je le prends avec des pincettes, même si je me considère personnellement comme féministe. C'est juste qu'on ne sait jamais vraiment à qui on s'adresse quand on passe une soutenance, donc c'est délicat...

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Clairette02 ·

Au fait, les liens des extraits marchent chez moi. J'ai l'impression que c'est peut être parce que je suis aux Etats Unis, ils doivent être bloqués en France :/ Du coup, je donne la bande annonce, qui donne une petite idée de la féminité dans ce film
: https://www.youtube.com/watch?v=-Gf4_PC3lg4
https://www.youtube.com/watch?v=qlHNpsnaJgM (sous titres)

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Aurea ·

Bonjour, Claire : Baby Doll, c'est la petite poupée, "protégée" de la convoitise des
mâles , celle de son mari en premier lieu, par sa grande jeunesse, mais en même temps cette enfant femme exacerbe les désirs dès lors qu'elle est ce fruit défendu que nul ne peut avoir.
Vacarro, lui, passe outre : il ose la regarder autrement, lui parler, la toucher, la troubler, éveiller sa chair et la mettre en émoi, ce qu'elle exprime par des soupirs et une phrase : "I'm so weak" , on comprend, à l'issue de cette scène, qu'elle est devenue femme.

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Irina Schwab ·

Pas de la couleur pourpre ?

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Clairette02 ·

Je ne l'ai pas choisi pour mon mémoire, mais j'aurais pu :)

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choufchouf ·

pour beignet de tomate verte : solidaire, forte et naturelle

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Clairette02 ·

Merci @Aurea! :)

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Aurea ·

Avec plaisir:-)

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Alors, plutôt HBO ou Netflix ?
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