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Faut-il juger une oeuvre dans sa continuité ou dans sa singularité?

À propos de Star Wars : Le Réveil de la Force La Guerre des Étoiles

Illustration Faut-il juger une oeuvre dans sa continuité ou dans sa singularité?

Sans doute la question a-t-elle déjà été posée, ou du moins nous nous sommes très probablement tous posé la question.

En ce qui me concerne, ce dilemme est présent à compter du moment où l'on juge de la qualité d'une oeuvre. En effet, le statut d'une oeuvre - quel que soit l'art dans lequel elle s'inscrit - est particulier, dans le sens où tout oeuvre est à la fois unique tout en s'inscrivant dans la continuité de l'auteur/artiste ou encore de l'oeuvre.

Par ailleurs, cette question soulève par la même occasion la problématique de la rupture au sein de ladite continuité: Quand un auteur/artiste change de style, s'essaie à quelque chose de nouveau (par vocation artistique dans le meilleur des cas ou par mercantilisme dans le pire), doit-on juger cette oeuvre dans sa singularité ou dans la continuité d'un passé avec lequel il est en rupture?

Je me suis permis ici d'adjoindre chefs d'oeuvre de Picasso, le premier est intitulé Le vieux guitariste (1903), le second Famille d'acrobates avec un singe (1905) tandis que le troisième n'est autre que Les Demoiselles d'Avignon (1907). Je n'ai pas la prétention d'établir une argumentation fondée sur le sujet de ces trois tableaux, n'étant ni un amateur, ni un connaisseur en la matière, mais j'aimerais simplement illustrer mes propos. Picasso est un peintre cubiste, parfois surréaliste, mondialement connu. Avant toutefois de contribuer à la création du cubisme, il passa par plusieurs périodes, dont la "Période Bleue" ainsi que la "Période Rose".

S'il y a une certaine continuité entre les deux premières, à l'exception de la couleur dominante bien évidemment, on constate une rupture totale quand il s'agit de la peinture cubiste. Dès lors, comment aborder chacune de ces oeuvres (et, a fortiori, comment aborder la dernière)?

Le choix est cornélien et n'est pas sans implications, car la valeur de notre jugement repose sur la base de celui-ci. Je vais prendre l'exemple, peut-être mauvais, de Muse. Je suis un fan de la première heure qui, comme la quasi-totalité de mes pairs, fut déçu par leur album The second law. Cette oeuvre m'a semblé mauvaise tant dans sa singularité que dans sa continuité. A l'inverse, leur dernier album Drones m'a semblé meilleur, dans sa singularité, mais ne tient pas la comparaison face à leurs albums précédents. Ainsi, comment puis-je le noter?

Un autre exemple, plus récent et peut-être plus parlant, est celui du dernier film Star Wars : Le Réveil de la Force. En faisant abstraction du réalisateur, ce qui fait d'ailleurs sans dans la mesure où ce n'est pas Georges Lucas qui a réalisé L'Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi, nous nous trouvons face à un septième film de la saga (malgré les rappels et similarités avec les opus précédents). La même question se pose, à ceci près qu'elle concerne l'oeuvre et non pas l'artiste: comment la noter? Par rapport aux Star Wars précédents, ou bien en tant qu'elle-même?

Selon moi, Star Wars : Le Réveil de la Force est un bon film en lui-même, dans sa singularité. Si je le compare aux autres, dans sa continuité, je le trouverai toujours bon, mais dans une moindre mesure.

A l'inverse, j'ai toujours aimé les films réalisés par David Fincher (que ce soit Fight Club, The Game ou Seven), mais je n'ai par exemple pas particulièrement apprécié The Social Network. Le film en tant que tel n'était pas mal, mais ne tient selon moi pas la comparaison aux autres oeuvres du réalisateur. En contrepartie, un autre exemple issu de la filmographie de Fincher est celui de Gone Girl, qui est dans la digne lignée de ses films, mais qui m'a paru singulièrement nul.

En conclusion, il me semble possible de juger une oeuvre tant dans sa continuité que dans sa singularité, et ces deux aspects peuvent s'accorder comme se s'opposer. La valeur du jugement peut donc, selon l'adéquation continuité/singularité, varier du tout au tout ; et je ne pense pas qu'une approche soit mieux que l'autre. J'estime cependant qu'il vaudrait mieux que tout un chacun soit cohérent avec lui-même en ne jugeant pas une oeuvre dans sa continuité et une autre dans sa singularité, ou bien qu'il le précise (on en arrive aux limites d'un système de notation cardinal, ce qui n'est toutefois pas le sujet).

Je pense ne pas pouvoir en dire plus, j'ai rempli et illustré mon argumentaire autant que je le pouvais sans tomber dans la redondance, et j'espère que la question posée ici vous intéressera et vous stimulera autant que moi.

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ImnotPaulAvery ·

En théorie, je pense qu'une œuvre doit se suffire à elle-même et que le jugement que l'on lui porte ne doit pas subir certaines influences. Dans ce cas-ci, ce serait celles de notre propre culture ou de notre connaissance de l'œuvre d'un artiste. Par réflexe, on voudra toujours comparer à autres choses, surtout par rapport à cette dernière. C'est là que le senscritique est censé intervenir : se défaire de cette idée de mettre dans une continuité, dans une logique propre à un artiste, un courant, une mode pour voir ce qu'une œuvre à réellement à offrir et comment elle peut traverser son époque.

Je ne suis pas contre "mettre dans la continuité" mais dans une critique (ou dans un raisonnement), je trouve ça facultatif, secondaire voire anecdotique. Cela servira toujours si on veut approfondir ou étudier l'œuvre d'un artiste mais ce n'est pas un point de vue en soi, un axe pour écrire sa critique.

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Who ·

Je te rejoins sur le fait, qu'en théorie, une oeuvre devrait se suffire à elle-même. Je pense cependant que, dans la pratique, on est (peut-être immanquablement) influencé par ce que l'on connait de l'auteur/oeuvre ; ce qui fait sens dans la mesure où il nous faut un point de comparaison propice à la notation, que nous offre les oeuvres antérieures.

Je pense, tout comme toi, que le sens critique devrait aiguiller notre jugement sur les qualités inhérentes de l'oeuvre en elle-même. Malheureusement, je crois que cela va à l'encontre de nos cognitions usuelles, d'autant plus que l'on a tendance à juger d'un évènement à l'aulne de ce que l'on a connu auparavant. C'est somme toute un réflexe psychologique, pour ne pas dire humain.

Par ailleurs, cela s'oppose également au métier de critique d'art, ou de spécialistes ou autre thuriféraire, qui tentent à juger de l'oeuvre d'un artiste dans sa continuité.

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Who ·

Pour éviter cet écueil, je tente de juger d'une oeuvre à chaud, juste après "consommation" afin d'éviter que des cognitions que je vais qualifier "d'ordre supérieur" ne viennent interférer avec celle "d'ordre inférieur" qui juge de l'oeuvre en elle-même.

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ImnotPaulAvery ·

C'est vrai, c'est humain car ça flatte notre ego, notre savoir, moins parce que c’est une nécessité dans notre devoir. Référencer, c’est automatiquement valider notre culture, notre éducation, surtout aux yeux des autres.

Justement, les utilisateurs devraient avoir pour vocation de ne pas se livrer à cette démarche souvent élitiste, celle que je laisse aux critiques pro ou les spécialistes qui en font leur métier.

Ou plutôt si mais remettre en question cette démarche : dans quel but utiliser cette référence antérieur ? Pour souligner quel argument ? Pour faire découvrir une œuvre à mon lecteur ? Partant du postulat qu’une œuvre doit se suffire à elle-même, si cela n’est pas le cas puis-je utiliser cette référence pour mieux éclairer mon lecteur ? Tout dépend du critique.

Personnellement, je pense qu’il faut accepter de se « mettre à nue » par moments, de délaisser certaines connaissances pour pouvoir livrer une critique avec pour point de départ seulement le ressenti. Y’a des critiques, d’illustres éclaireurs même, qui sont des summums d’humour, de cohérence, d’émotion sans être racoleur, consensuel ou élitiste tout ça parce qu’ils ont fait confiance à leurs jugements, leurs émotions. Et bien souvent, ces critiques ne font pas référence à d’autres œuvres.

Encore une fois, je ne condamne pas cette idée (moi-même je le fais souvent) mais mon avis final est qui faut savoir reconnaître son utilité ou non dans le contexte, son statut de réflexe humain comme tu dis et se demander si cela ne vaut-il pas mieux de laisser tout cela derrière pour pouvoir ainsi faire naître un avis original et spontané - l'une des meilleures choses que SC a à offrir.

Juger à chaud, c'est tentant mais risqué malgré tout. On est moins influencé c'est sûr mais on oublie facilement certains éléments. (Après rien n’empêche de modifier sa critique ici ^^)

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Who ·

Je pense que, tant qu'à juger des oeuvres dans leur continuité, les listes, classements et sondages sont là pour ça. La note devrait plutôt être propre à l'oeuvre en elle-même, et le classement à la continuité. A bien y réfléchir, cela fait sens quand on songe au fait qu'une notation sur une échelle de 10 suppose le notation de l'oeuvre sur une échelle normée (pour ne pas dire standardisée (je n'ai vraiment pas envie de rouvrir mes cours de statistiques)).

Je n'irais pas jusqu'à dire que juger d'une oeuvre dans sa singularité est un gage d'objectivité, mais le système de notation proposé nous invite à être objectif.

Parlant d'objectivité, il faudrait également comment juger une oeuvre, sur base de quels critères. Si l'on se base sur des critères propres à l'art (et je n'y connais absolument rien, mais mettons - pour les plus basiques - le casting, le jeu d'acteur, la mise en scène, le choix des plans, etc.), le jugement ne peut porter que sur la dite oeuvre. Après, on n'est pas tous des critiques d'art (moi encore moins). S'agissant de SensCritique, on pourrait dire que la consigne est de "noter l'oeuvre sur une échelle de 1à 10" (peu importe le procédé qui nous mène à cette pondération). D'un point de vue méthodologique, on dit en statistiques q'une échelle est valide à compter du moment où l'échelle mesure (réellement et efficacement) l'item qu'elle devrait mesurer.

SensCritique nous offre effectivement bien assez de possibilité pour noter, annoter et classer chaque création, nous permettant de la mettre en perspective, sans interférer pour autant avec ce que l'oeuvre en elle-même vaut réellement.

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Pierre Dodin ·

C'est en effet intéressant, personnellement je pense qu'il est difficile de noter une oeuvre singulièrement, car lorsque tu vas écouter le nouvel album de Muse pour reprendre ton exemple, tu as une attente par rapport ce que tu vas écouter, tu aimes un artiste pour 1000 raisons, en rapport avec ce que tu aimes toi ce que tu es, lorsque tu vas voir Star Wars 7, que tu attends car tu as aimé les précédents, c'est que tu as un lien "intime" avec la saga, donc le nouveau Star Wars doit faire avec ce lien pour te conquérir, tu peux toujours avoir après un avis avec le recule tu pourras dire par exemple "c'est pas le meilleur space opéra du monde ... Mais c'est Star Wars"

C'est pour ça qu'une oeuvre ne peut pas mettre tout le monde d'accord, et qu'une note est forcement personnel tu mettras peut être 1/10 a une oeuvre pas forcement exécrable mais qui t'as franchement déçu par rapport a ce que tu en attendais

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Who ·

C'est en effet difficile, et dommageable dans la mesure où cela peut fausser notre jugement ou bien la perception de nos abonnés. Je pense toutefois que c'est un réflexe que de juger d'une chose en la comparant à une autre, ce qui fait selon moi sens d'un point de vue psychologique.

Comme l'a dit Celestin, je pense qu'idéalement, une oeuvre devrait être jugée pour elle-même, mais cela n'est pas plus facile pour autant...

Je tenterai de trouver des explications psychologiques à ce sujet, je suis sûr que cela peut être intéressant.

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F_b ·

Etrange question. On est toujours poussé à noter une oeuvre par rapport à une certaine continuité, ne serait-ce qu'un contexte personnel, c'est à dire nos goûts, notre histoire. Quand on va voir un film comme Star Wars VII, on s'attend à voir des sabres lasers et puisque c'est le septième film d'un même ensemble, on ne peut l'apprécier et le juger sérieusement en omettant la saga auquel il appartient.
Aussi je ne pense pas que la comparaison entre Star Wars et le parcours de Picasso soit judicieuse. Picasso n'a pas de devoirs, de cahier des charges, car c'est un être humain produisant des oeuvres tandis que Star wars est une oeuvre déclinée en plusieurs chapitres. Et à mon sens, le dernier Star Wars n'affiche pas une singularité assumée pour qu'on puisse privilégier cet angle précis.
Je ne dis pas que J.J. Abrams ne laisse rien de sa personnalité dans ce film, juste que son apport est trop faible en comparaison avec la liste des "règles" qu'il s'est tenu à respecter.
Les vrais questions sont donc : Est-ce que J.J. Abrams t'intéresse plus que la saga Star Wars ? Est-ce que tu notes les oeuvres pour toi-même ou pour les autres ?

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Who ·

La comparaison avec Picasso n'est peut-être pas des plus judicieuses, mais elle me permettait d'imager (au propre comme au figuré) mon exposé. De fait, les oeuvres de Picasso n'ont pas d'autre continuité entre elle que celle de leur auteur. Aussi, ai-je choisi Star Wars car c'était d'actualité et que cela se prêtait au sujet. L'idée du post m'était venue il y a près d'un mois en cours, mais je ne l'ai concrétisée qu'hier quand je n'avais rien à faire.

Certes, quand on va voir Star Wars : Le Réveil de la Force, on ne peut que garder à l'esprit que l'on va voir le septième épisode de la saga, et donc le comparer aux six précédents ; mais on peut tout aussi bien aller voir Star Wars VII, et juger l'oeuvre pour ce qu'elle est. On peut donc voir l'épisode sept ou bien le septième épisode, tout dépend de comment on se présente la chose (j'extrapole ici les propriétés des adjectifs numéraux cardinaux et ordinaux, évidemment).

Grosso modo, si on juge du septième épisode, on va le comparer aux précédents pour lui attribuer une note, tandis que si on juge de l'épisode sept, on va le noter pour lui-même.

Comme je disais, Star Wars n'est ici qu'un exemple parmi d'autres, on peut appliquer le même raisonnement à la filmographie d'un réalisateur, etc. par exemple.

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orugari ·

Le titre et le post essaient de pousser la réflexion sur un "problème" qui n'en est pas un. Tout simplement parce que si cette œuvre fait partie d'une série, alors la série fait parti de l’œuvre.
Critiquer un plat en ne jugeant que l'aspect est idiot. Et bien il en va de même pour les films, jeux, musique etc.
Émettre une critique en omettant un des deux détails est une erreur évidente.

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Who ·

A ceci près que, pour reprendre ton exemple, l'on ne parle pas de juger d'un plat sur son apparence, mais de juger ton assiette pour ce qu'elle est ou pour sa place dans le menu. Celle-ci peut être délicieuse indépendamment du reste du menu, mais ne pas s'accorder avec ce dernier.

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orugari ·

Cela dépend alirs du restaurant, si c'est de l'italien, des sushi n'auront rien à faire là ! À ce moment là, il faut chercher dans le contenu, le lien avec le contenant. Aussi loin que l'on puisse remonter, une oeuvre ne peut pas se délier de ses origines

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Who ·

Je ne vais pas te suivre sur les sushis dans un restaurant italien car je me suis imaginé manger des makis après une lasagne, et c'était pas fameux... Je crois que tu es allé trop loin dans ton analogie! Et, étant donné que je ne suis pas un fin gourmet, je ne vais pas m'y risquer non plus et me borner à dire que l'on peut apprécier quelque chose indépendamment ou bien dans sa continuité. Par exemple, je n'aime pas particulièrement la "continuité" du sucré-salé, mais pourtant je suis friand tant du salé que du sucré pris indépendamment.

Tu peux aimer - ou ne pas aimer - une oeuvre malgré ou en raison de ses précédents. Une oeuvre qui est bien en elle-même, peut perdre toute sa saveur comparée au reste. Par exemple, j'aime bien la peinture "Le vieux guitariste" de Picasso, elle est bien en elle-même pour ce qu'elle est et pour ce qu'elle représente. Mais j'aime encore plus Guernica (http://www.pablopicasso.org/images/paintings/guernica.jpg) et d'autres peintures.

Si jamais la question ou le raisonnement t'intéresse, ou si tu trouves qu'il en vaut la peine (je suis amateur de branlette intellectuelle, du coup il se peut que ça ne plaise pas à certaines personnes), je t'invite à lire les autres posts et les réponses que j'ai données, particulièrement la discussion que j'ai eu avec Celestin, un peu plus bas. (Ca m'évitera de me répéter ou de m'aventurer dans d'autres explications que je ne peux me permettre présentement)

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Uldryn ·

Pour ma part, il est évident que je note Star Wars 7 avec des critères prenants en compte les précédents épisodes. En fait, je n'ai pas de critères très précis : déjà noter sur 10 une oeuvre me parait très abstrait. J'essaye néanmoins de prendre en compte le contexte de sortir du film, de le comparer plus ou moins aux oeuvres réalisées jusqu'ici, soit l'originalité, mais aussi la qualité du film "en soi", en plus de sa continuité avec les précédents épisodes si c'est une suite.

En revanche, le fait que tu parles de "continuité" me donne l'impression que tu n'évoque que les précédents épisodes. Reprends-moi si je me trompe. Moi, la question qui m'a le plus taraudé lors de la notation du film, c'est : dois-je le noter justement uniquement dans sa continuité ou dois-je attendre la sortie des deux prochains opus ? Le film est très clairement une oeuvre de transition. La suite était prévue avant même de réaliser le film. Elle n'a donc pas de singularité propre à mon avis. Devrais-je considérer chaque notes d'une mélodie de manière singulière, ou justement considérer qu'elles font partie d'un tout : la mélodie même ?

J'ai mis un 7 au film, même si je ne l'ai pas trouvé transcendant. C'est une bonne note néanmoins. Par contre, j'estime que c'est une note temporaire, qui a vocation à changer lors de la sortie "complète" de la trilogie.




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Who ·

De fait, une notation telle qu'on nous le propose ici est assez sommaire, mais c'est le mieux qu'on puisse faire (sans proposer un questionnaire de satisfaction similaire à celui qu'on retrouve dans les hôtels). Par contre, si tu notes la qualité du film en lui-même en plus de sa continuité (si c'est une suite), il peut justement il y avoir conflit : tu dis avoir mis 7 à "Star Wars : Le Réveil de la Force", et tu avoues qu'elle est appelée à changer en fonction de ce qui va suivre. Du coup, tu auras noté l'oeuvre ou sa place dans le système qu'elle forme avec les épisodes précédents/suivants ?

Evidemment, je ne me borne pas aux oeuvres antérieures, la postérité pouvant également être prise en compte. Il s'agit justement de savoir si nous notons les qualités inhérentes de l'oeuvre ou bien sa place dans la continuité au sein de laquelle elle s'inscrit.

Au vu des réponses que j'ai eu jusqu'ici, et des réflexions qu'elles ont brièvement suscitées chez moi (je n'ai pas beaucoup de temps pour y réfléchir actuellement), il me semble y avoir une confusion entre notation et classement. Ca peut aller, à prime abord, illogique mais on peut concevoir que de mettre 7 comme tu l'as fait et de le classer en-dessous du 8 et/ou du 9, quand bien même ils auraient une note inférieure.

Quant à ta comparaison avec la musique, je ne pense pas qu'elle soit valable au sens propre car elle est beaucoup trop structurale, une note est inexploitable, au même titre qu'un phone ou un phonème en linguistique. Par contre, on peut étendre ton raisonnement à un niveau supérieure, celui de la place d'une chanson dans un album (c'est d'ailleurs une analogie plus parlante qu'un film) : dans l'exécrable "The Second Law" de Muse, j'ai bien trouvé une ou deux (grand maximum) chansons correctes. Dès lors, comment les noter? A côté du reste, elles pourraient bien valoir un dix, mais concrètement elle ne valent guère mieux qu'un 6.

(Je me rends ici compte que je n'ai pas assez précisé à quel point le système de notation était subjectif, cela n'étant pas le sujet, mais ça tombe sous le sens.)

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Real Cosmic M ·

Théorie intéressante. Je pars toujours du principe qu'une oeuvre doit être jugée d'abord en tant que telle avant de la placer dans une quelconque continuité. Cependant, elle se doit d'être cohérent en terme de traitements de personnages qui reviennent et en terme d'histoire. C'est même pour ça qu'il y a très peu de bons préquels dans le cinéma car en les replaçant dans la continuité des films, ils ont le problèmes de continuité qui vont survenir. Paradoxalement il y a plus de bons séquels.

Au sujet de Star Wars VII, même en le replaçant en tant que suite à la trilogie, le film reste toujours aussi bon quoi que moins bien que certains films de la trilogie (je ne dirais pas lesquels sinon cf ma critique). En tant que suite, je trouve que cela reste cohérent et dans une bonne continuité, il y a de bons liens logiques et qui font sens. Le problème (qu'a relevé Durendal), mais que je ne considérai pas comme un défaut (comme la fait Durendal, mdr, dès fois je ne comprends pas son point de vue), ce sont les nouveaux mystères de la trilogie et le statut quo. En effet, le film tout en faisant le lien avec la précédente saga donnent de nouveaux mystères et de pistes narratives qui lui est propre. Mais bon en tant que tel ce n'est pas dérangeant.

Bref, juger un film dans une saga est assez complexe, car il a comme contrainte d'être canon le plus souvent en terme d'histoire et de traitements de personnages (n'est-ce pas Terminator : Genisys ?)

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