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Logan: The Last Jedi

À propos de Star Wars : Les Derniers Jedi Logan

[/Alerte spoilers sur Logan et The Last Jedi. Vous êtes prévenus.]

J'approchais de la fin de Kenobi, et me disais que le côté "SW à la sauce western" était cool, et le style plaisant, mais que ça trainait un peu en longueur, et qu'ils auraient pu tenter une approche à la Logan... Et là, j'ai réalisé. TLJ, c'est Logan à la sauce SW (ou inversement) ; + précisément, Luke et Logan partagent un character arc similaire. Comme je suis de ceux qui ont apprécié cet arc chez Logan mais pas chez Luke, je me suis penché sur les points communs et les divergences entre les films. Le résultat suit pour ceux que ça intéresse... et bonne journée aux autres. :)

  1. Le rapport au protagoniste. Logan, comme le dénote son titre, est un film dédié au personnage, et à son héritage. L'intrigue est donc centrée sur Laura (X-23), Charles (Professeur X) et lui (Wolverine). The Last Jedi pourrait en être de même pour Luke Skywalker ; et dans les faits l'arc entre Rey, Kylo Ren et lui tient de cela. Mais ce n'est qu'un arc, n'occupant qu'un tiers du récit, qui se penche aussi sur les intrigues, sinon les personnages, de Poe/Holdo/Leia et Finn/DJ/Rose. Le film - dont l'arc qui nous intéresse - y perd notablement en rythme et en clarté du propos, tout comme ça aurait assurément été le cas pour Logan s'il s'était attardé en parallèle sur les péripéties des autres mutants... A l'inverse, il prend le temps de développer (un minimum) Caliban - quand Chewbacca reste une carpette ambulante...

  2. La rapport à l'héritage. La scène ouvrant ledit arc dans TLJ est celle concluant The Force Awakens : Rey tendant le sabre d'Anakin puis de Luke à ce dernier. Cette scène trouve son parallèle dans Logan, avec la scène du comic. Mais quand Wolvie trouve X-23 en train de lire ladite BD, il ne la jette avec un air je-m’en-foutiste, destiné à surprendre et faire rire un public qu'il n'a pas, (pas plus qu'il ne s'amusera à chatouiller les orteils d'un Prof X s'efforçant de maîtriser ses pouvoirs...) il est en colère. Il rage devant ce rappel, cette vision idéalisée d'un temps passé, d'un soi passé dont il n'a aujourd'hui que des regrets. Cette BD comme ce sabre sont des symboles de la jeunesse de ces surhommes - mutant ou Jedi... Maintenant qu'ils sont vieux et amers, ce sont des rappels de leurs erreurs et de leurs regrets - de la raison même de leur réclusion, leur dépression. Et quand enfin Logan veut commencer à (ré)introduire une touche d'espoir dans son dernier acte, c'est en révélant qu'il y avait un fond de vérité au cœur de ce vieux comic, en réhabilitant partiellement le mythe, pas en le détruisant, comme symbole du passé à dépasser, qu'il le fait.

  3. Le rapport à la culpabilité. Wolverine, comme Luke, suite à la destruction sous ses yeux impuissants de ce qu'il avait participé à bâtir, suite à la mort des X-men/Jedi, s'est isolé pour mourir. Deux choses essentielles diffèrent pourtant : Logan, contrairement à Luke, n'est pas directement responsable de cet événement... Il n'a pas essayé (ou envisagé) d'assassiner le Prof X, avec pour résultat la mort de centaines de gens dont les X-men... Il porte le poids de l'échec à sauver les siens, pas celui de "les avoir condamnés à la nuit" pour citer Ben. Il n'est pas devenu Magnéto. Luke lui (et contrairement à sa dépiction délibérée dans la Trilogie), a considéré le choix qui aurait été celui d'Anakin. Mais surtout, Logan a délaissé le monde pour mourir, mais il n'a pas délaissé ses responsabilités vis-à-vis du Prof, pas laissé le monde brûler à cause de ses échecs. Il s'est fait le gardien de cette incarnation de ses limites, le fossoyeur du dernier vestige de ce monde perdu avec lequel il a l'intention de mourir... Luke a abandonné la galaxie. Il a laissé son neveu prodigue propager les conséquences de ce moment de vacillement - tel un écho à travers la Force emportant la galaxie avec lui. (cf Kreia in KotOR II). En conséquence, le retour du "Wolverine" et son ultime sacrifice sont la fin logique et attendue de ce personnage, quand à l'inverse ceux de Luke semblent, de par son vacillement d'un extrême à l'autre, son côté 'girouette inconséquente', immérités.

(3.5. Digression. La sénescence du Professeur, sa "part d'ombre" est non seulement une extrapolation crédible et du personnage, et de ses facultés, mais involontaire, rendant la situation plus complexe... Il n'en est rien dans le cas de KR dont la corruption initiale n'est jamais abordée par TLJ.)

  1. Le rapport à l'espoir. Logan, et TLJ, sont des films "passage-de-flambeau". La manière dont ils traitent ledit flambeau est toutefois différente, en dépit d'une réticence à la transmission, initiale, similaire des deux "vieux" - et encore, comme vu en 3. Quoi qu'il en soit, des différences significatives entre les rapports Laura/Logan et Rey/Luke apparaissent : X-23, quand bien même confrontée à la "réalité" du personnage de Wolverine, apprend de lui, autant que lui d'elle. Tous deux évoluent, se rapprochent, et un lien père-fille se crée entre-eux... On pourrait considérer que le Professeur enseigne plus aux deux qu'autre-chose, mais le lien Laura/Logan est le moteur du film - et le symbole du flambeau passé... Un lien se crée également dans TLJ, mais entre Rey et KR. Car, (de par le rapport à la culpabilité de Luke) il n'y a guère que la désillusion vis-à-vis de ses aînés qu'apprend de lui Rey - sans rien traiter des éventuelles limites de son personnage - et c'est bien elle qui se fait "l'enseignante", morigénant le vieil homme... qui n'en aura pas moins besoin d'un Yoda Ex Machina pour se reprendre. Le sacrifice ultime des 2 héros, lui-même permettant la réunion de Laura/Rey avec les siens, en suit néanmoins. Là encore, les films sont différents, et le message de TLJ m'en semble affecté : car, la Résistance elle-même semble destinée à être un autre "passage-de-flambeau" ou plutôt "d'étincelle qui allumera le feu qui consumera le Premier Ordre..." Car nul ne répond à leur appel, et l'épilogue tend à nous dire que l'espoir est pour la génération suivante inspirée par cet exploit (?). A l'inverse, Logan est parcouru de personnages qui montrent qu'il y a toujours de quoi espérer, depuis l(es) infirmière(s) qui sauva(/èrent) Laura et les mutants au médecin, désireux d'aider Logan, en passant par la simple famille qui les accueille... Et bien sûr, contrairement à la Résistance, les enfants reçoivent une réponse à leur sos. Ils ne sont pas seuls. L'espoir n'est pas pour quelque esclave juvénile dans un avenir incertain, l'espoir est pour cette génération, pour maintenant : le Côté Lumineux a toujours été là, cette génération ne sera pas sacrifiée sur l'autel des péchés de ses pères !

  2. Le rapport à la mort. Logan comme Luke se sacrifient donc pour la lueur d'espoir à la fin de leurs films respectifs. Toutefois, là où celle du vieux Jedi n'est qu'un (énième) exemple de l’obsession "méta" pour la subversion des attentes (des spectateurs et non des personnages, comme l'a noté DragZo dans sa critique), tant dans sa mise en scène que dans l'événement en lui-même, Logan prépare - tant les spectateurs que les personnages - à la mort de son protagoniste dès sa première scène. Il ne cache jamais que ce film est un requiem, dédié à Wolverine... C'est un point crucial, d'abord d'un point de vue de la logique narrative : Logan est mourant et ce faisant affaibli physiquement, crédibilisant tant sa 'retraite' que ses difficultés face à divers adversaires pourtant minables (jusqu'à X-24). Luke, lui, s'est volontairement coupé de la Force. Sa faiblesse, là encore, est de son seul fait... Son retour 'héroïque' aux conséquences pourtant limitées face à un ennemi pathétique dont il ne se défait pas qu'à cause de l'artifice même qui cause sa mort, est hypocrite de ce fait - et ladite mort, discordante... Et enfin, d'un point de vue symbolique, le sacrifice final d'un Logan à l'agonie, suite au meurtre du Prof X par son alter ego mis au service de oppression menaçant l'avenir de X-23 & Cie, en défaisant ensemble ce sombre reflet de lui-même, c'est le dernier vestige d'un ancien monde qui consacre ses ultimes forces à permettre au nouveau de mener à bien ses propres combats. Celui de Luke, reflet de lui-même ne s’efforçant même pas de défaire KR, se contentant de permettre la survie d'une Résistance qui n'en était pas moins piégée sans Rey... c'est le vieux monde qui délaisse au nouveau les m****s héritées de ses erreurs.

Bref : Logan est imparfait, mais bien ; TLJ a les idées, mais craint.

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Avatar Gronowan
Par Gronowan
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