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Merci au voleur car il m'a dépouillé de tout l'inutile

À propos de Manuel d'Epictète

Quand au matin, Epictète réalise qu'on lui a volé durant la nuit sa pauvre lampe à huile en métal, il remercie la nature et se trouve une misérable lampe en terre cuite qui fera son bonheur. Aucun voleur ne reviendra voler plus pauvre que soi. Cette lampe sera vendue très chèrement après sa mort par ses disciples admiratifs et quelque peu idolâtres de leur maitre disparu. C'est bien ici que s'effondre le stoïcisme originel qui ne sera que bien plus tard que repris en parodie. Le cynique Diogène habitait une amphore de terre cuite, et comme Alexandre le Grand lui rendit visite, simplement en lui demandant ce qu'il voudrait, Diogène lui répondit l'offense : "Ote-toi de mon soleil !" Au contraire, au creux de la lumière falote de la lampe dernière d'Epictète, on se sent mieux avec soi-même. Si vous pouvez après la lecture de son Manuel, vous en séparer, alors certainement vous deviendrez ce que vous êtes : rien. Mais ici, nous rejoignons encore le génie du christianisme avec le mysticisme de Saint Jean de la Croix (1542-1591). Tout commence par la perte du support de sa pauvre lumière pour que, dans notre nuit, jaillisse la vraie lumière du cœur.

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Avatar jesuisici
Par jesuisici
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